
Le leader de l’Envol, Delly Sesanga, a frappé un grand coup. Lors d’une conférence de presse organisée samedi 21 mars 2026 à Kinshasa, l’ancien candidat à la présidentielle a fixé le terme du mandat de Félix Tshisekedi à 946 jours très précis, plaçant le régime actuel face à ses responsabilités électorales. «Le pouvoir sait qu’au regard de la Constitution et de l’horloge républicaine, il ne lui reste que 946 jours d’exercice», a-t-il martelé, fermant ainsi la porte à «toute velléité de prolongation de mandat».
L’ombre du glissement et le piège sécuritaire
Pour Delly Sesanga, l’argument sécuritaire ne peut plus servir de paravent à l’immobilisme électoral. Tout en condamnant fermement l’agression rwandaise, le leader du parti politique Envol a dénoncé une diversion permanente, estimant que le maintien d’une logique de guerre permettrait au régime d’éluder le débat de fond sur la préparation des scrutins. Ce ténor de l’Opposition a désormais exigé l’application immédiate de la feuille de route de la Commission électorale nationale indépendante -CENI-, avec un cap clair: la convocation de l’électorat le 23 octobre 2028. Sur un autre chapitre, l’ancien ministre du Plan a jeté un pavé dans la mare en exigeant des comptes sur la gestion des fonds publics.
«Comment expliquer que 13,65 milliards de dollars alloués au secteur militaire depuis 2019 n’aient pas permis de stabiliser l’Est du pays?», s’est-il interrogé. Pour le député national honoraire, l’opacité financière actuelle est le symptôme d’un régime qui se dérobe à ses obligations régaliennes. Qualifiant toute tentative de révision constitutionnelle de «haute trahison», le leader du parti politique Envol a lancé un appel vibrant à la mobilisation générale.
Invoquant l’article 64, il a invité la Société civile, la classe politique et même les membres de l’Union sacrée à se dresser pour défendre l’ordre démocratique. À ses yeux, le gouvernement RD-congolais ne se contente plus de faillir à sa mission: il aurait érigé l’esquive en mode de gouvernance. «Le régime actuel, en reniant systématiquement ses responsabilités, s’est transformé en une véritable industrie politique de la distraction et de la manipulation de notre peuple», a-t-il affirmé.
Il a pointé du doigt un décalage croissant entre les discours officiels et la réalité du terrain. Selon lui, le slogan «le peuple d’abord» a été remplacé par une stratégie de communication permanente visant à masquer l’absence de réformes structurelles. «On préfère nourrir le peuple de polémiques stériles plutôt que de pain et de sécurité», a-t-il martelé.
Enfin, Sessanga a dénoncé ce qu’il qualifie de «huit ans de souffrance» imposée au peuple RD-congolais, soulignant que ces huit dernières années sont marquées par des sacrifices imposés à la population au profit d’une élite dirigeante. «Huit ans de lourds sacrifices imposés à notre peuple au profit d’un système de jouissance et d’enrichissement d’une minorité de la classe dirigeante qui a pris le pays en otage», a-t-il dénoncé.
Hénoc AKANO


