
La ministre d’Etat en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a ouvert, le lundi 15 juin 2026, un atelier résidentiel consacré à l’élaboration des outils pédagogiques et de suivi-évaluation des clubs de veille citoyenne. La cérémonie de lancement s’est tenue dans une prestigieuse salle de l’hôtel Fourpoints by Sheraton, dans la commune de la Gombe. Organisée avec l’appui de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes -CIA-VAR-, la session se déroule sur 14 jours, soit du 15 au 28 juin prochain. Elle réunit des cadres, inspecteurs et experts chargés de produire des supports destinés aux écoles primaires et secondaires de l’ensemble du pays.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre d’État Raïssa Malu a posé les bases de l’exercice. Il ne s’agit pas de rester au niveau du discours, a-t-elle martelé, mais de doter les écoles d’outils simples, cohérents et pratiques. Selon la patronne du secteur de l’éducation nationale, l’objectif est de former des élèves capables de comprendre leur pays, de respecter le bien commun, de vivre dans l’unité et d’agir avec civisme.
«La nouvelle citoyenneté ne peut pas rester un principe général. Elle doit entrer dans la vie quotidienne des établissements scolaires. Elle doit se traduire dans les gestes, les comportements, la participation des élèves, le respect des autres, la protection de l’environnement scolaire et l’engagement au service de la communauté», a déclaré la ministre d’Etat Raïssa Malu. Pour elle, les clubs de veille citoyenne sont conçus comme le dispositif opérationnel de cette ambition. Ils doivent offrir aux apprenants un cadre d’expression, de réflexion et d’action, afin de faire passer de la parole au comportement, et du comportement à l’engagement concret.
Des fiches et modules adaptés à chaque niveau
La min’État Raïssa Malu a insisté sur la dimension pratique du travail attendu. À l’entendre, les participants doivent produire des fiches, des modules, des canevas et des instruments de suivi adaptés aux niveaux primaire et secondaire. Chaque séance devra, a-t-elle poursuivi, déboucher sur une action concrète au sein de l’école ou, lorsque cela est possible, dans la communauté. «Votre mission est précise. Nous devons éviter les documents trop théoriques ou difficiles à appliquer. Les outils attendus doivent aider les écoles à organiser les clubs, à animer les séances, à suivre la participation des élèves, à apprécier les actions réalisées et à observer les changements de comportement», a-t-elle martelé.
Neuf thématiques au cœur du travail
Plus loin dans son discours, ce membre du gouvernement Suminwa II a révélé que ces travaux portent sur neuf axes identifiés comme essentiels pour le pays. Il s’agit, selon elle, du patriotisme, de la paix, de l’unité nationale, de la citoyenneté numérique, de la protection de l’environnement, de l’inclusion, des gestes de premiers secours, de l’engagement communautaire et de l’entrepreneuriat. Parmi ces thématiques, le Génocost occupe une place particulière. La ministre d’État a souligné que l’école doit aider les élèves à connaître leur histoire, à comprendre les souffrances traversées par le peuple RD-congolais et à refuser les mécanismes de haine, de division et de déshumanisation.
«Il ne s’agit pas d’enfermer les enfants dans la douleur. Il s’agit de les éduquer à la mémoire, à la vérité, à la vigilance et à la paix. Dans quelques années, si ce travail est bien conduit, nous pourrons voir émerger une génération plus responsable, plus lucide et plus attachée à la République. Dans quelques années, si ce travail est bien conduit, nous pourrons voir émerger une génération plus responsable, plus lucide et plus attachée à la République. Des jeunes capables de défendre la dignité humaine, de protéger les biens publics, de refuser la violence, de reconnaître les fausses informations, de résoudre les conflits par le dialogue et de servir leur pays avec loyauté», a-t-elle insisté.
La CIA-VAR réaffirme son appui
Représentant le coordonnateur exécutif de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes, Blaise Ndombe a indiqué que l’atelier s’inscrit dans la continuité du processus d’appropriation collective du Génocost. D’après lui, l’enjeu est de ne pas se limiter à la sensibilisation théorique, mais de mettre en place des outils concrets qui ancrent durablement les valeurs citoyennes et la culture de la paix dans la vie scolaire. «Les clubs de veille citoyenne que nous voulons aujourd’hui doter d’outils pédagogiques adaptés ne sont ni des structures de contrôle ni des mécanismes disciplinaires supplémentaires. Ils sont de véritables écoles de citoyenneté, des espaces où les élèves apprennent à aimer leur pays, à respecter les autres, à protéger le bien commun et à traduire les valeurs acquises en engagements concrets», a déclaré Blaise Ndombe.
Il a rappelé que la RD-Congo porte encore les séquelles de plus de trois décennies de violences liées aux guerres d’agression et aux conflits armés. Dans ce contexte, a-t-il précisé, transmettre la mémoire et préparer les générations futures à rompre avec les cycles de violence devient un devoir national. Il a fait le lien avec le plaidoyer porté à Genève le 8 septembre 2025 par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, qui appelait à briser le cycle du déni, de l’impunité et de la récidive. Selon lui, ce travail passe aussi par l’éducation et la formation de citoyens capables de faire prévaloir les valeurs de vérité, de responsabilité et de paix.
«L’école demeure le premier espace de formation des citoyens. Si nous voulons bâtir une nation plus responsable, plus unie et plus résiliente, nous devons commencer par former les enfants et les jeunes à la citoyenneté active», a-t-il souligné. Cet atelier intervient dans la foulée de la formation des formateurs centraux du ministère, organisée du 9 au 16 mai 2026 à Kinshasa avec l’appui de la CIA-VAR et du FONAREV. Cette première étape avait permis aux inspecteurs d’approfondir la justice transitionnelle, le récit du Génocost et les voies de son intégration dans les programmes de l’enseignement primaire et secondaire. La logique est désormais opérationnelle. Il s’agit de transformer ces orientations en supports utilisables directement par les enseignants et les animateurs de clubs.
À travers cette réforme, le ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté réaffirme son ambition de former une nouvelle génération de RD-Congolais conscients de leurs responsabilités et engagés dans le développement du pays. L’initiative est présentée comme un levier essentiel pour renforcer l’unité nationale et promouvoir un développement durable, en misant sur l’éducation civique dès le plus jeune âge. Si les outils produits répondent aux attentes de clarté et de praticité exprimées par la ministre, les clubs de veille citoyenne pourraient devenir un maillon central de la refondation civique à l’école. Le rendez-vous est pris dans deux semaines pour évaluer les premiers livrables.
Hénoc AKANO


