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RDC: Qui du ministère de l’Intérieur et la CENI va-t-il organiser des élections en 2023?

Procéder à la révision de la loi électorale, puis désigner les animateurs de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- et procéder à l’identification de la population, autant de préalables à élaguer pour organiser les prochaines élections. Il en va non seulement de la responsabilité des institutions mais également de toute la classe politique RD-congolaise. Tout le monde est d’accord pour des réformes électorales mais dans quel cadre institutionnel et contexte politique. Les avis divergent.

Les futures joutes électorales sont plus attendues. Le souhait de tous les acteurs est que ces élections puissent s’organiser dans la transparence la plus totale pour crédibiliser le processus électoral en RD-Congo et créer la confiance entre les adversaires politiques. Les réformes électorales profondes tant recaler par la classe politique vont susciter un grand débat. Il y en a qui réclament la convocation par le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de consultations à ce sujet estimant que les assises ne viseraient pas le partage des postes dans les institutions en place issues des élections de décembre 2018. D’autres proposent que les discussions en rapport avec les réformes électorales puissent se faire au sein des institutions.

Le débat se situe à ce niveau, les vues ne sont pas encore harmonisées. Dans les milieux politiques, deux tendances voient le jour: celle qui soutient l’organisation des prochaines élections par l’actuelle commission électorale et une autre qui propose que l’organisation des futures élections soit confiée au ministère de l’Interieur et sécurité. Les tenants de la dernière thèse notent qu’à travers le monde, l’organisation des élections relève toujours du ministère de l’Intérieur. Pour cette catégorie des RD-Congolais, cela éviterait au pays d’autres dépenses liées uniquement à la formation des policiers qui seront commis à la sécurisation du processus électoral.

Pour en arriver là, certaines langues évoquent des défis relever par le ministère de l’Intérieur notamment l’octroi de la carte d’identité aux citoyens RD-congolais. «Aujourd’hui, nous n’avons pas de carte d’identité comme celle verte détenue sous feu Mobutu. On ne connait pas qui est RD-Congolais et qui ne l’est pas. Plusieurs étrangers détiennent la carte d’électeur produite par la CENI au cours de trois cycles électoraux: 2006, 2011 et 2018», déclare un expert en territoriale. Puis: «Avant de délivrer la carte d’identité, il est important d’organiser le recensement de la population car la dernière opération remonte dans les années 80».

Du coup, la problématique de l’identification et du recensement de la population se pose avec acuité. Selon un politologue, au vu de l’immensité de la RD-Congo, le processus de l’identification de la population prendrait 3 à 5 ans. Nous sommes en 2020, un simple calcul effectué montre que s’il est décidé de lancer le processus du recensement de la population immédiatement, nous irons jusqu’en 2023 si ce processus est de 3 ans et en 2025 s’il est de 5 ans. Or les élections devraient normalement se tenir fin 2023. Déjà le défi lié à l’organisation des élections est de taille.

La contrainte du temps est bien présente avant même de penser aux contraintes financières et logistiques. Ce sont là les préalables nécessaires à l’organisation des élections crédibles, transparentes et apaisées. Procéder à la révision de la loi électorale, puis désigner les animateurs de la CENI et procéder à l’identification de la population, autant de préalables à élaguer pour organiser les prochaines élections. Il en va non seulement de la responsabilité des institutions mais également de toute la classe politique RD-congolaise.

Octave MUKENDI

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