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Sony Kafuta et l’église du réveil en danger

Cela fait quelques trois mois, ou presque, que les Confessions religieuses tiennent l’opinion en haleine. En fait, pour cette fois-ci, la désignation de leur délégué à la Commission électorale nationale indépendante -CENI- a dépassé la sphère religieuse pour devenir une affaire de tous, voire de la Communauté internationale. Et, depuis, les religieux sont descendus dans l’arène politique, se prêtant au jeu politique, souvent le faisant autant ou pire que les politiciens. Tous les coups seraient-ils alors permis? Bah… oui. Un bel exemple, encore toute chaude, vient d’être fourni par l’Eglise du Réveil au Congo -ERC.

Des sources recoupées, on apprend que l’ancien président et représentant légal de cette plateforme religieuses, bishop Albert Kankienza Muana Mbo est à la manœuvre pour un grand chamboulement à l’Eglise du Réveil. Des dispositions se prennent pour lancer une nouvelle plateforme: la Ligue des églises et ministères de réveil, souffle-t-on. Ainsi, ratisser large, récupérer ou séduire ces «grands pasteurs» dont le départ pourrait fragiliser l’ERC. Et in fine, mettre fin à l’action de l’actuel président et représentant légal de cette plateforme, l’évêque général Sony Kafuta. Il est particulièrement reproché à Sony Kafuta ses prises de position dans le dossier Malonda, confie-t-on. Ces détracteurs à la manœuvre disent de lui qu’il a été corrompu. Le communiqué du 10 juin signé par le Cardinal Ambongo et le Révérend Bokundoa, président de l’ECC, laissant entendre un soupçon de corruption dans la désignation de Malonda en serait la preuve la plus irréfutable. Bonjour l’objectivité des «hommes de Dieu!». «Prétexte!», lâchent nos limiers. Le problème est ailleurs.

Les sorties médiatiques de Sony Kafuta devenues très vite virales sur la toile n’ont pas forcément fait le bonheur de tout le monde. Ceux qui en ont été gênés, ne lui pardonneraient pas ce toupet. Une de nos sources nous a cités cette petite phrase qui, selon lui, est sortie de la bouche d’une personnalité religieuse très connue: «Sony Kafuta est devenu notre ennemi commun. Il faut le détruire». D’aucuns diront que cela tombe sous le sens. Et pas forcément à tort.

Qui est-ce que les sorties de Sony Kafuta gêneraient? Et pourquoi?

Personne n’ignore que Sony Kafuta, comme les cinq autres chefs des Confessions religieuses, avait jeté son dévolu sur Ronsard Malonda. Il ne s’en est jamais caché. Plutôt, il avait même battu toute une campagne aussi courte que retentissante pour faire entendre sa version des faits, du reste aux antipodes du récit du processus de désignation que faisait l’ECC et l’Eglise catholique. Sa petite phrase: «à la présidence, on a rien pris, moi, j’y ai même laissé mes urines» a, à la fois, choqué et démenti la rumeur selon laquelle les chefs des Confessions auraient perçu un pot de vin de la présidence.  Qui est-ce que ces propos auraient pu gêner? Et pourquoi?

Beaucoup d’analystes s’accordent à dire que tout ceci est lié à des intérêts politiques. Une revisitation du passé pourrait aider à dessiller les yeux. C’est à la suite de la désignation, le 9 juin 2020, de Malonda que bishop Kankienza est parti en campagne dans les médias. A la RTNC, il s’est d’ailleurs présenté comme représentant légal de l’ERC. Puis, il a fait plusieurs émissions dans des médias catholiques émettant à Kinshasa. Beaucoup se sont étonnés de cette idylle entre Kankienza qui n’a pas assisté au processus de désignation de Malonda et les cathos. Dans ses sorties, les six chefs des Confessions religieux étaient présentés comme des corrompus. Cependant, des articles publiés au plus fort de la polémique sur Malonda avaient renseigné que bishop Kankienza avait été présent à la signature du PV désignant Malonda. S’il n’avait pas été convié à la lire, parce que sans qualité, au moins il a pu lorgner depuis les chaises de la salle d’attente. Des indiscrétions avaient en son temps renseigné également que, fort de son statut réclamé de conseiller du Chef de l’Etat, Kankienza avait demandé à certains chefs des Confessions religieuses de ne pas signer le PV et d’appuyer la candidature de Denis Kadima en échange de la coquette somme de 25 000 USD et d’une jeep.

Les visites nocturnes de la délégation du bishop constituée des politiques et autres religieux à Macampagne, Delvaux, UPN…, quartiers où résident certains chefs des Confessions religieuses, ont alimenté les causeries entre les sentinelles.

Diviser pour régner!

A en croire nos sources, l’option avait été levée dans des officines politiques saupoudrées de quelques hommes d’églises bien identifiées de créer la confusion dans les six Confessions religieuses. Chose rapidement faite à l’Eglise kimbanguiste. Le Révérend Elebe en a fait les frais. Cela a coûté aux Kimbanguistes le poste de la présidence de la CIME. A l’Eglise orthodoxe, la tentative de renier la signature de leur représentant lors des travaux a échoué. Les personnes qui tentaient de subtiliser le sceau de l’Archevêque pour accomplir leur méfait ont été pris la main dans le sac. Un cadre de cette église a confié qu’ils avaient avoué d’avoir agi sur instruction d’un «secrétaire général d’une église». De quelle église? Suivez mon regard.

A la communauté islamique où on a vu, mi-juin, le Cardinal recevoir un groupe de dissidents musulmans, la justice a tranché, donnant raison à Cheikh Abdallah Mangala qui avait été élu représentant légal depuis mars 2020. Et maintenant vient le tour de l’Eglise du Réveil! A qui profite ceci? Une évidence saute très vite aux yeux des avertis. Voici qu’une fois de plus politique, intérêts mesquins et religion se mêlent. Et dans ce mélange aussi malsain que répugnant, Sony Kafuta est menacé de payer pour ses prises de position assumées dans le dossier Malonda. Et surtout, l’ERC, cette plateforme qui a souffert pour être reconnue par l’état RD-congolais, risque d’être sacrifiée pour des calculs minimalistes. Nos sources promettent de lever le voile sur les identités de toutes les personnalités religieuses et politiques impliquées dans cette machination.

Matshi DARNELL

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