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RDC: Quand la CENCO fait bloc pour défendre la constance de Mgr Fulgence Muteba face à l’agression rwandaise

Le Secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO-, Mgr Donatien Nshole, a vigoureusement réagi aux critiques ciblant l’Archevêque de Lubumbashi et président de la CENCO, Mgr Fulgence Muteba. Il a dénoncé une campagne de désinformation orchestrée par ceux qui prétendent que le prélat catholique n’aurait condamné que tardivement l’agression rwandaise et l’insécurité à l’Est de la RD-Congo. «Dire que c’est aujourd’hui que Mgr Fulgence Muteba commence à dénoncer le Rwanda ou l’AFC est une contre-vérité flagrante», a-t-il laissé entendre.

Il a rappelé que l’Église catholique, sous l’impulsion de ses dirigeants, a été l’une de premières institutions à nommer l’agresseur et à mobiliser la population pour la défense de l’intégrité territoriale, notamment à travers des marches de protestation à travers tout le pays.

Mauvaise foi et ignorance

Mgr Nshole a fustigé l’attitude de ceux qu’il qualifie d’«ignorants» qui ne suivent pas les déclarations officielles de l’épiscopat, mais surtout la «mauvaise foi» de ceux qui manipulent l’opinion publique. Selon lui, Mgr Fulgence Muteba reste fidèle à la ligne prophétique de l’Église, celle de la vérité et de la justice, sans crainte des pressions politiques.

Pour le Chapelain du Pape, le silence apparent n’est pas un aveu d’impuissance, mais une arme tactique. Il a tenu à clarifier la position de l’Église en ces termes: «il ne s’agit pas d’un changement de doctrine, mais d’une évolution pastorale». Pendant des années, a-t-il rappelé, les évêques RD-congolais ont multiplié les sorties médiatiques et les condamnations fermes.

«Cependant, force est de constater que ces prises de position, bien que morales, sont restées sans effets tangibles sur le terrain. Fort de ce constat, l’Église a estimé nécessaire d’adopter une nouvelle démarche», a-t-il révélé. «Ce n’est pas qu’on se tait, mais nous sommes dans une autre démarche pour pouvoir donner la chance à ce consensus national», a martelé Mgr Nshole, tout en précisant que cette stratégie vise à sortir de la répétition pour entrer dans l’action concrète.

A l’entendre parler, le cœur de cette mutation repose sur une initiative ambitieuse: le dialogue national inclusif, baptisé «Pacte social». Pour ce prélat, l’heure est à la construction d’un front commun plutôt qu’à la dénonciation isolée. «L’objectif est de favoriser un consensus capable de transcender les clivages politiques afin de répondre aux urgences de la nation», a-t-il éclairci.

Et de conclure: «l’Église catholique n’a ni dévié de sa trajectoire, ni atténué son discours concernant l’agression rwandaise et l’instabilité dans l’Est du pays. Elle a simplement ajusté son mode d’action, précisant qu’il s’agit désormais de dépasser le stade de la simple indignation pour favoriser une unité nationale, seule capable d’apporter des solutions durables à une crise qui endeuille le pays depuis des décennies».

Hénoc AKANO

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