
Le président du Conseil national de sécurité et d’action -CNSA-, Joseph Olenghankoy, a appelé mardi à faire converger sans délai les négociations de Doha et le prochain Dialogue national inclusif pour mettre fin aux violences qui ravagent la République Démocratique du Congo, a indiqué un communiqué rendu public à l’issue des audiences tenues les 12 et 13 février.
Lors de cette session, le CNSA a reçu successivement une délégation de la coalition PAIX‑PEACE -société civile- et une délégation de chefs coutumiers, députés et notabilités Teke. Les représentants de la société civile ont salué les avancées enregistrées à Washington et à Doha et l’engagement du chef de l’État en faveur du Dialogue national inclusif, mais ont exprimé une vive inquiétude face aux «malheurs indicibles» subis par les populations, tant dans l’Est que dans les zones affectées par les affrontements dits «des Mobondo» autour de Kinshasa.
La délégation de la société civile a dénoncé un sentiment généralisé d’abandon et a mis en garde contre l’indifférence -voire la complicité- de certains acteurs politiques qui, selon elle, profiteraient de la persistance des conflits. Elle a salué l’ouverture du Dialogue national inclusif, qui doit permettre d’associer l’opposition non armée et des composantes de la société civile jusque‑là exclues des processus de paix.
Le conflit Teke‑Yaka, présenté comme un «massacre organisé»
La mission des notables Teke a, pour sa part, dressé un tableau alarmant du conflit Teke‑Yaka, rejetant la qualification d’«intercommunautaire» et dénonçant ce qu’elle qualifie de «massacre organisé».
Les chefs coutumiers ont insisté sur l’inexplicabilité des violences entre deux communautés qui vivaient jusque‑là en coexistence, et ont souligné les conséquences humaines et matérielles: morts, destructions et déplacements massifs de populations. Le CNSA relève que, mis en parallèle avec la guerre de l’Est, ce conflit local contribue à l’aggravation du climat d’insécurité à l’échelle nationale.
Doha et Dialogue national: deux processus complémentaires
À l’issue des audiences, la plénière a tiré les leçons du sommet de l’Union africaine d’Addis‑Abeba des 14 et 15 février, qui a fortement mis en exergue la nécessité de résoudre la crise congolaise. Le CNSA se dit favorable à la poursuite jusqu’à leur terme des pourparlers de Doha entre le Gouvernement et l’AFC/M23, tout en estimant que l’aboutissement de Doha ne doit pas être posé comme condition unique au lancement du Dialogue national inclusif.
S’appuyant sur l’expérience du Dialogue inter‑congolais de Sun City, le Conseil juge pertinent de traiter parallèlement les questions militaires -sort des combattants, cohabitation des forces- et les débats politiques et institutionnels, ces derniers nécessitant la participation de l’ensemble de la société. Le CNSA appelle donc à accélérer la préparation du Dialogue national inclusif et presse tous les acteurs de s’y engager «sans atermoiements ni autres prétextes».
Appels à des mesures de confiance
Pour garantir une participation effective et consolider la décrispation, le CNSA exhorte les parties à Doha à respecter strictement le cessez‑le‑feu et les mesures de confiance convenues, notamment l’échange des prisonniers. Le Conseil recommande aussi d’envisager des mesures politiques et judiciaires d’apaisement -amnistie, grâce présidentielle, classement sans suite, restitution des biens, remise de peine- destinées à renforcer la confiance entre les parties et faciliter leur adhésion au dialogue.
Appel à la mobilisation nationale
Le CNSA félicite l’engagement du Président de la République en faveur du Dialogue national inclusif et invite l’ensemble de l’opinion congolaise -acteurs politiques, société civile et partenaires- à se mobiliser positivement pour ces assises qualifiées d’«historiques». L’objectif affiché: créer des mécanismes fiables de non‑répétition et poser les bases d’une paix durable partout sur le territoire.
YA KAKESA

