
Depuis son lieu de détention, Constant Mutamba a adressé, samedi 27 mars 2026, une correspondance officielle au public afin de clarifier sa position sur le débat constitutionnel en cours. Il y prône une approche équilibrée, refusant à la fois le «rejet systématique» de l’Opposition et «l’adhésion aveugle» de la majorité. Pour l’ex-garde des Sceaux, l’enjeu n’est pas la survie d’un camp politique, mais la clarification de la méthode et de la finalité de cette révision. Le cœur du message de Mutamba repose sur une question de légitimité: à qui doit réellement profiter une telle réforme? Il insiste sur le fait que toute modification de la Loi fondamentale doit impérativement se traduire par une amélioration du quotidien des citoyens.
Il rappelle que les véritables priorités nationales demeurent la sécurité, l’intégrité de la justice et les conditions de vie précaires de la population. Adoptant une posture introspective, l’ancien ministre justifie cette sortie médiatique par un devoir de responsabilité face à l’histoire. Bien que privé de liberté, il refuse de s’enfermer dans une logique de confrontation stérile, préférant appeler à un dialogue pacifique et transparent afin d’éviter d’affaiblir les mécanismes démocratiques déjà fragiles du pays. Cette prise de parole intervient alors que la classe politique RD-congolaise est profondément divisée sur l’opportunité de modifier la Constitution de 2006. En recentrant le débat sur les questions régaliennes et sociales, Constant Mutamba tente de se repositionner comme un arbitre au-dessus de la mêlée, malgré sa situation judiciaire actuelle.
Hénoc AKANO
