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RDC: Le gouvernement adopte le projet Grand Inga

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans la concrétisation du projet hydroélectrique Grand Inga. Vendredi 27 mars en Conseil des ministres, l’exécutif a examiné puis adopté un projet de loi présenté par le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Sakombi Molendo, visant à établir le cadre juridique de la mise en œuvre de ce mégaprojet énergétique.

Le texte adopté et qui doit désormais être envoyé au parlement constitue à la fois un instrument technique et stratégique destiné à organiser la réalisation du projet tout en garantissant la maîtrise de cet actif stratégique par l’État RD-congolais. En faisant avancer ce dossier «perpétuellement différé», Sakombi entend lancer un «signal fort» en sécurisant juridiquement l’exploitation du potentiel énergétique du site d’Inga, considéré comme l’un des plus importants au monde.

Situé sur le fleuve Congo, dans la province du Kongo Central, le site d’Inga abrite déjà deux centrales hydroélectriques -Inga I et Inga II-, construites respectivement dans les années 1970 et 1980. Toutefois, ces installations ne représentent qu’une infime partie du potentiel énergétique estimé du site. Le projet Grand Inga, envisagé depuis plusieurs décennies, prévoit le développement progressif de nouvelles infrastructures hydroélectriques capables de produire à terme plus de 40.000 mégawatts d’électricité, ce qui en ferait l’un des plus grands complexes hydroélectriques au monde.

Au fil des années, plusieurs initiatives ont été lancées pour relancer ce projet stratégique, souvent confronté à des défis liés au financement, à la gouvernance et à la structuration juridique. L’adoption d’un cadre légal spécifique apparaît ainsi comme une étape importante pour clarifier les règles de mise en œuvre, sécuriser les investissements et renforcer la crédibilité du projet auprès des partenaires nationaux et internationaux. En plus de l’aspect juridique, le projet de Loi Sakombi a surtout une dimension économique. Des experts expliquent que cette Loi, dès son entrée en vigueur après adoption, va contribuer à adapter le droit RD-congolais à la réalité d’un projet d’une ampleur exceptionnelle, tout en ouvrant la voie à une transformation structurelle de l’économie nationale.

À terme, la mise en œuvre de Grand Inga pourrait contribuer à l’industrialisation du pays, élargir l’accès à l’électricité pour la population et stimuler la création de richesses. Kinshasa espère également que le projet permettra d’accroître les recettes publiques grâce à la production et à l’exportation d’électricité vers plusieurs pays africains.

Pour faire complet, Sakombi Molendo a tenu compte des enjeux sociaux et environnementaux liés à la réalisation du projet. Le patron du secteur énergétique en RD-Congo a placé les préoccupations des populations locales ainsi que les exigences de protection de l’environnement au cœur du texte. «En plus d’être un texte technique, il est une garantie de souveraineté, parce qu’il protège un actif stratégique national et en organise la maîtrise par l’État», lit-on dans le compte-rendu du Conseil des ministres. .

Bien plus qu’une démarche nationale, le projet Grand Inga pourrait surtout repositionner la RDC comme un acteur central dans les équilibres énergétiques du continent africain. Grâce à son potentiel hydroélectrique exceptionnel, le pays pourrait jouer un rôle majeur dans l’approvisionnement en énergie de plusieurs régions d’Afrique. Pour Sakombi, l’adoption de ce projet de loi constitue un signal politique fort, témoignant de la volonté du Président Tshisekedi d’assumer une vision stratégique claire, de sécuriser les investissements tout en préservant sa souveraineté et de faire de Grand Inga une priorité nationale structurée par le droit.

WIDAL

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