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RDC : Le couple Tshisekedi-Ilunga mis à rude épreuve

Le couple Tshisekedi-Ilunga est mis à rude épreuve. Des divergences entre le Président de la République et son Premier ministre sont apparues au grand jour, cinq jours après la publication des ordonnances de Félix Tshisekedi nommant de nouveaux responsables dans l’Armée et dans la Magistrature.

Dans un communiqué lu mardi par son porte-parole, Albert Lieke, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a déploré le fait que ces ordonnances ont été publiées à sa «grande surprise du Premier ministre, sans que l’intérimaire ne l’en ait informé préalablement». Le PM a évoqué la portée politique et juridique du contreseing, demandant une rencontre avec le Président de la République pour tirer cette situation au clair.

Le couple Tshisekedi-Ilunga est mis à rude épreuve. Des divergences entre le Président de la République et son Premier ministre sont apparues au grand jour, cinq jours après la publication des ordonnances de Félix Tshisekedi nommant de nouveaux responsables dans l’Armée et dans la Magistrature. Dans un communiqué lu mardi par son porte-parole, Albert Lieke, Sylvestre Ilunga Ilunkamba a déploré le fait que ces ordonnances ont été publiées à sa «grande surprise du Premier ministre, sans que l’intérimaire ne l’en ait informé préalablement». Le PM a évoqué la portée politique et juridique du contreseing, demandant une rencontre avec le Président de la République pour tirer cette situation au clair.

Les Ordonnances présidentielles, récemment signées par le Chef de l’Etat, sont contestées par le Premier ministre Sylvestre Ilunga. Dans une déclaration faite par son porte-parole, le Premier ministre entend rencontrer de nouveau le Président de la République en vue de tirer au clair cette situation. A en croire des analystes, l’opinion a cru que le Chef du gouvernement s’était effacé pour ne pas s’opposer, une fois de plus, au Président Tshisekedi, après le feuilleton Tunda ya Kasende. Erreur! Sylvestre Ilunga a juré d’éclairer leur lanterne, renseignant qu’à la date de signature de ces ordonnances, il se trouvait en mission officielle dans le Haut-Katanga en compagnie de son ministre de la Défense.

Le porte-parole du PM a en plus fait savoir que par sa lettre du 16 juillet dernier, le chef du gouvernement avait conféré l’intérim au VPM en charge de l’Intérieur tout en circonscrivant sa portée: veiller à ce que tout courrier destiné au PM soit réceptionné à son cabinet avant toute réorientation, le joindre en cas de nécessité. «Ce qui n’a pas été le cas», rassure-t-on à la Primature.

A en croire son messager, Sylvestre Ilunga, à la lecture des ordonnances sur le plateau de la télévision nationale, a été frappé de stupéfaction. En homme d’Etat, il attend réagir dans le cadre institutionnel. Dans l’entre-temps, son porte-parole a motivé: «le contreseing est un acte de très haute portée politique et juridique qui relève de la compétence exclusive attachée à la qualité de Premier ministre et qui ne peut se concevoir dans le cadre de l’intérim tel que circonscrit dans la lettre qui l’a conféré». Puis: «s’agissant d’un gouvernement de coalition, le contreseing du Premier ministre constitue, au-delà de sa nature juridique, le gage des équilibres des pouvoirs entre le Président de la République et le Premier ministre qui est l’émanation de l’Assemblée nationale».

La déclaration du porte-parole fait germer des interrogations dans le chef des observateurs dont la plus pendante est «à ce stade, comment procéder pour retirer le contreseing?». Des juristes répondent: «seule la Cour constitutionnelle, une fois saisie, a qualité pour se prononcer sur la régularité du contreseing». Mais est-il que les Ordonnances contestées, selon des sources à la Primature, n’ont jamais été délibérées en Conseil des ministres. «En tant que membre du Conseil supérieur de la défense, le Premier ministre ne se souvient pas avoir pris part à une réunion où l’on a débattu ou examiné de ces nominations au sein de l’Armée», ont-elles déclaré, main sur le cœur.

Vendredi17 juillet, alors que le Conseil des ministres se tenait, de nombreuses ordonnances signées par le Président de la République et contresignées, pour le compte du Premier ministre, par le VPM de l’Intérieur ont été rendues publiques. Ces ordonnances portaient sur la nomination aussi bien dans l’armée que dans l’appareil judiciaire. Les proches du PM Ilunkamba ne cessent de fustiger le fait que l’intérimaire, l’UDPS Kankonde, n’a pas informé préalablement son chef. De quoi bouder ces ordonnances.

Le FCC hausse le ton

En réaction, le Front commun pour le Congo -FCC- estime que les projets de ces Ordonnances étaient préparées plusieurs mois plus tôt et qu’aucune urgence ne justifiait le contreseing d’un intérimaire non habilité. Pour la famille politique de l’ancien Président de la République Joseph Kabila, il apparait que l’intention programmatique de violer les dispositions des articles 79 et 92 de la Constitution était manifeste. Le FCC se dit être attaché aux valeurs démocratiques et républicaines et en appelle une fois de plus, vivement au respect strict de la Constitution et des lois qui régissent les institutions de la République. Tout en réitérant son soutien au Premier ministre Ilunga, le FCC l’encourage à rencontrer le Président. Une autre réaction c’est celle d’un membre du Conseil constitutionnel ayant requis l’anonymat sur Top Congo. «Aucune disposition légale n’a été violée et il ne s’agit que de pratiques et d’ailleurs même la déclaration de la Primature n’indique pas quelle loi a été violée», a-t-il indiqué. Et d’ajouter: «le contreseing est du gouvernement et pas forcément du Premier ministre. Lors de la nomination de la Cour constitutionnelle en 2018, le contreseing était de She Okitundu». Ce juge rappelle qu’à l’époque, l’Ordonnance signée par le Président indiquait que «Pour le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères She Okitundu». Selon Maître Willy Wenga, avocat au barreau de Kinshasa Gombe, cette énième crise ne relève pas du juridique et ne peut donc être résolue que par des voies politiques.

Tino MABADA

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