
Dotée d’une capacité initiale de 3,2 millions de poussins d’un jour par an, cette infrastructure entend renforcer la production locale et contribuer à réduire la dépendance de la RD-Congo aux importations avicoles.
Le ministre de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Buana, a procédé, samedi 19 septembre 2026, à l’inauguration officielle du couvoir industriel de Mbenzale, dans la commune de la Nsele, à Kinshasa. Financé à hauteur de 11 millions de dollars américains par l’État RD-congolais et exploité dans le cadre d’un partenariat public-privé avec EGGS for Congo, le projet ambitionne de renforcer la production locale de poussins, de volailles et d’œufs.
Petite écloserie à ses débuts, le site de Mbenzale est devenu, plus d’une décennie plus tard, une véritable infrastructure industrielle. Il franchit une nouvelle étape avec la mise en service d’un couvoir doté d’équipements de dernière génération, destiné à soutenir la relance de la production avicole en RD-Congo. L’infrastructure constitue l’un des volets d’un projet avicole pilote développé dans la capitale. Selon les responsables du projet, le couvoir dispose d’une capacité initiale de 3,2 millions de poussins d’un jour par an, avec l’ambition de doubler cette capacité dès 2027.
Un investissement public de 11 millions de dollars
Entièrement financé par l’État RD-congolais à hauteur de 11 millions de dollars américains, le projet s’inscrit dans une approche de partenariat public-privé. EGGS for Congo assure l’exploitation et la gestion du projet avicole pilote à Kinshasa. L’objectif affiché est de contribuer à la constitution d’une véritable chaîne de valeur locale, en renforçant la production nationale, en stimulant l’investissement privé et en facilitant le transfert de technologies.
Intervenant lors de la cérémonie, l’honorable Didier Muleshu a salué la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur de la relance de la production avicole. Il a notamment souligné le rôle joué par le ministère de la Pêche et de l’Élevage dans la formalisation de l’attribution provisoire à EGGS for Congo du contrat d’exploitation et de gestion du projet. «L’objectif du projet est de renforcer durablement la production locale de volailles, tant pour la viande que pour les œufs, de stimuler l’entrepreneuriat privé et de favoriser le transfert de technologies», a-t-il expliqué.
De l’incubation à la vaccination
Le couvoir industriel de Mbenzale est organisé autour de plusieurs espaces spécialisés permettant de couvrir les différentes étapes du processus de production. Le bâtiment comprend notamment une salle de réception des œufs, une salle de stockage où les œufs sont conservés à environ 20°C, une salle de fumigation, une salle d’incubation, une salle de mirage, une salle d’éclosion ainsi qu’une salle de vaccination.
Deux autres sites, destinés notamment à la formation et à l’accueil du public, devraient être opérationnels prochainement. Avec cette infrastructure, l’enjeu dépasse la seule production de poussins. Il s’agit de poser les bases d’un modèle susceptible d’être reproduit à plus grande échelle à travers le pays, en rapprochant les producteurs RD-congolais des technologies et des intrants nécessaires au développement de l’élevage avicole.
Réduire la facture des importations
La dépendance de la RD-Congo vis-à-vis des importations avicoles a occupé une place importante dans les interventions prononcées lors de la cérémonie. L’ambassadrice des Pays-Bas en RD-Congo a notamment rappelé qu’en 2023, plus de 150 000 tonnes de volailles auraient été importées par la RD-Congo, pour une valeur estimée à 90 millions de dollars américains.
Pour la diplomate, la mise en service du couvoir de Mbenzale illustre la possibilité de faire évoluer les relations économiques entre les deux pays, en passant d’une logique centrée sur l’acheminement de produits vers la RD-Congo à une coopération davantage orientée vers le transfert de savoir-faire et de technologies ainsi que vers la mobilisation des investissements. Avec Mbenzale, les autorités RD-congolaises entendent ainsi renforcer les capacités nationales de production et créer les conditions d’un développement plus structuré de l’élevage avicole, tout en réduisant progressivement la dépendance du pays aux importations.






