Actualités

RDC: Ituri et Nord-Kivu maintenues sous état de siège

Les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri restent encore sous l’état de siège. La décision a été prise, mercredi 18 septembre dernier à l’Assemblée nationale, au terme d’un débat houleux sur la levée ou non de l’état de siège dans ces deux provinces de l’Est de la RD-Congo en proie à la guerre. 331 députés nationaux sur les 338 présents à la plénière ont voté pour la prorogation de l’état de siège dans ces parties du pays.

Au cours de cette plénière présidée par le premier vice-président de la chambre basse du Parlement, Jean-Claude Tshilumbayi, les députés nationaux qui sont contre l’état de siège ont avancé que cette mesure décrétée par le Président Félix-Antoine Tshisekedi en mai 2021 pour permettre aux forces de défense de lutter efficacement contre les forces négatives opérant en Ituri et au Nord-Kivu, a montré ses limites.

Dans leurs différents arguments, ces élus ont soutenu que l’état de siège parait inefficace pour résoudre la crise sécuritaire dans l’Est de la RD-Congo, soulignant que la situation s’est au contraire aggravée avec notamment la résurgence des rebelles du M23. Pour d’autres députés, l’état de siège a restreint les libertés publiques et individuelles. Par contre, ceux qui se montrent pour l’état de siège, ont estimé qu’il n’est pas logique de lever cette mesure maintenant étant donné que la sécurité n’est pas encore restaurée dans ces deux entités provinciales.

L’état de siège, une mesure qui divise…

Depuis l’année passée, le maintien de cette mesure présidentielle est vivement critiqué par des militants des droits de l’homme et les activistes des mouvements citoyens, qui estiment que l’état de siège n’a pas réussi à stopper les violences. En mai 2023, lors du deuxième anniversaire de son instauration, Amnesty international a appelé à la levée de cette mesure qu’il juge inefficace et attentatoire aux droits humains.

Selon cette ONG internationale, non seulement la situation en matière de sécurité dans les deux provinces s’est considérablement détériorée avec une recrudescence des attaques contre les civils, mais aussi l’instauration de l’état de siège a aggravé la situation des droits humains. Même inquiétude exprimée par Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine des droits de l’Homme -ASADHO. «Tout le monde sait que l’état de siège est un échec», a-il indiqué.

Dans les médias, Julien Paluku, ancien gouverneur du Nord-Kivu, avait lui aussi donné de la voix sur cette question en rappelant que «c’est avec l’état de siège que le M23 a refait surface» en RD-Congo. A l’issue de trois jours d’évaluation menée à Kinshasa en août 2023 par les élus nationaux et provinciaux, des responsables traditionnels, religieux et associatifs, à l’initiative du Président Félix-Antoine Tshisekedi, des personnalités politiques et membres de la Société civile avaient, eux aussi, appelé à la levée de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri.

Dans une déclaration, les participants des provinces concernées avaient estimé que «l’unique et seule option» à prendre est «la levée pure et simple de l’état de siège». Les 132 signataires qui avaient pris part à ces assises, avaient aussi demandé au gouvernement de rétablir les institutions civiles et de renforcer les opérations militaires de grande envergure dans la région. Le Nord-Kivu et l’Ituri, deux provinces de l’Est de la RD-Congo, sont depuis le 6 mai 2021 placées sous état de siège, une mesure qui a remplacé les autorités civiles par une administration militaire pour lutter contre les groupes armés.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page