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Le 1er mai en RD-Congo: fêter le travail ou enterrer l’espoir?

Dans sa sixième tribune publiée le 1er mai en RD-Congo, Jonas Tshiombela, coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise -NSCC-, s’est posé la question de savoir s’il faut fêter le travail ou enterrer l’espoir en RD-Congo. «Alors que le monde célèbre la fête du travail, la RD-Congo se heurte à une dure réalité: salaires de misère, chômage de masse, corruption généralisée et mépris du mérite. Peut-on encore parler de fête dans un pays où le travail rime avec souffrance, injustice et humiliation?», a écrit le coordonnateur de la NSCC. Dans sa dissertation, Jonas Tshiombela a fait savoir que parler de «fête du travail» en RD-Congo, c’est comme mettre des fleurs sur une tombe fraîche: un geste symbolique sans vie, sans vérité, sans justice.

«Le quotidien du travailleur RD-congolais est une lutte, une épreuve, un chemin de croix sans fin. Salaires dérisoires, retards de paiement chroniques, postes distribués sans aucune considération pour la compétence… À quel moment avons-nous cessé de respecter le travail?», s’est-il interrogé. Et de renchérir: «le revenu d’un fonctionnaire moyen ne permet même pas de subvenir aux besoins alimentaires d’un foyer pendant une semaine. Pendant ce temps, les dirigeants chantent les louanges du progrès dans des discours bien rédigés mais coupés de toute réalité. Le peuple, lui, crie en silence».

A entendre le coordonnateur de la NSCC, le désordre s’est installé jusque dans les postes de travail. «Des employés recrutés par népotisme ou clientélisme, sans aucune formation adéquate, occupent des fonctions qu’ils ne comprennent même pas. Les heures de travail ne sont pas respectées, le rendement est famélique, la corruption devient presque une routine. On détourne l’essence des institutions pendant que la population détourne le regard, par lassitude», a-t-il souligné.

Et de poursuivre: «et que dire du chômage? C’est un cancer. Les jeunes, pourtant bourrés de potentiel, se battent chaque jour contre le mur de l’indifférence. Aucune politique sérieuse d’emploi, aucun plan d’investissement structuré, aucune volonté sincère de bâtir un avenir. Le taux de chômage est si élevé qu’il devient la norme, et le travail, un luxe inaccessible». Dans sa sixième tribune, Jonas Tshiombela est parfois très critique. Il estime qu’en RD-Congo, le 1er mai ne devrait pas être une fête, mais seulement un cri. «Alors, que reste-t-il du 1er mai? Un folklore, des uniformes repassés, quelques marches encadrées, et des discours usés. Rien de plus. Le 1er mai en RD-Congo ne devrait pas être une fête, mais un cri. Un appel à la justice. Un sursaut national», a-t-il écrit.

À l’en croire, la population RD-congolaise a besoin d’un travail décent. Pour ce faire, il y a un certain nombre d’exigence à remplir. «Ce que nous exigeons: un salaire vital, digne et équitable, basé sur la réalité du coût de la vie, une politique de recrutement transparente, fondée sur les compétences et non les affinités, un plan ambitieux de création d’emplois, soutenu par des investissements sérieux et stables, une lutte frontale contre les détournements et la corruption, notamment dans la gestion des ressources humaines publiques, une réforme du système éducatif et de la formation professionnelle, pour une main-d’œuvre qualifiée, adaptée au marché et la valorisation du travail comme socle de la nation, à travers une culture de discipline, de mérite et de responsabilité», a clairement noté Jonas Tshiombela.

Ce n’est pas tout. Il estime que le travail n’est pas une faveur, mais un droit et que le respecter ainsi, c’est construire la nation, le mépriser, c’est la détruire. Dans son entendement, le peuple RD-congolais ne demande pas la charité, il exige la justice. Et de conclure: «que ce 1er mai ne soit pas un mensonge de plus, mais le point de départ d’un vrai changement.  Le saviez-vous?».

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