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RDC: Germain Kambinga appelle à une paix sans capitulation

Le ton a été donné, ferme et sans ambiguïté. C’est au Centre Nganda, dans la commune de Kintambo, que le mouvement politique Le Centre a ouvert, lundi 5 octobre 2026, la 10ème édition de ses Universités d’octobre. Placée sous le thème des enjeux politiques et sécuritaires de la RD-Congo, cette édition intervient dans un contexte national particulièrement chargé, marqué notamment par la persistance de l’insécurité dans l’Est, le débat autour du dialogue national prôné par le Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi et la nécessité de repenser le modèle de gouvernance. Devant un parterre composé de cadres et de militants du parti, d’universitaires et de membres de la Société civile, le président du Centre, Germain Kambinga, a prononcé un discours d’orientation qui se veut à la fois une profession de foi et une véritable feuille de route.

Réaffirmant son soutien de principe au dialogue comme mode de règlement des conflits, le leader du Centre a exclu toute issue qui porterait atteinte à l’intégrité et à la dignité de l’État. Il a ensuite résumé sa doctrine par une formule à forte charge historique: «La République n’ira pas à Canossa». Une référence à l’humiliation de l’Empereur Henri IV devant le pape Grégoire VII, pour signifier que la RD-Congo ne doit pas s’agenouiller pour obtenir la paix. «Nous voulons la paix, mais pas une paix obtenue par l’humiliation de la République. Nous voulons le dialogue, mais pas la capitulation de la République», a déclaré Germain Kambinga, dans une formule qui a suscité l’adhésion de l’assistance. L’un des points forts de son allocution a été la requalification de la crise de l’Est. Pour Germain Kambinga, il est temps de sortir d’une lecture réductrice qui confine cette crise à une affaire limitée au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et à l’Ituri. Il estime que l’occupation ou la déstabilisation durable d’une partie du territoire national a des répercussions systémiques sur l’ensemble du pays. «Le Centre estime que l’occupation ou la déstabilisation durable d’une partie du territoire national affecte directement la sécurité, l’économie, les institutions et l’avenir de l’ensemble du pays», a-t-il soutenu, estimant que toute tentative de l’isoler relève d’une erreur stratégique.

Et d’expliquer: «l’insécurité à l’Est affecte la sécurité nationale par la circulation des armes et des groupes armés; elle affecte l’économie par la prédation des ressources minières et la désorganisation des circuits commerciaux; elle affecte les institutions par la remise en cause de l’autorité de l’État et elle hypothèque l’avenir par le drame humanitaire des déplacés internes qui se comptent par millions».

D’où, selon lui, la nécessité d’une réponse nationale, et non sectorielle. L’ancien ministre se dit favorable à un processus devant permettre d’obtenir des cessez-le-feu effectifs, de favoriser le désengagement militaire des groupes armés et des forces étrangères, d’organiser le retour digne et sécurisé des personnes déplacées et, enfin, de rechercher des solutions politiques durables. Sur ce point, Germain Kambinga dit soutenir l’idée d’un dialogue national défendue par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi. Mais il y met une condition de taille: l’élargissement. Il plaide pour un processus qui dépasse les salons feutrés de Kinshasa. «Nous défendons l’idée d’un dialogue national élargi, qui ne serait pas limité aux dirigeants politiques de Kinshasa, mais associerait les provinces, les territoires, les communautés, les organisations professionnelles, les universitaires, les acteurs économiques ainsi que la Société civile, car l’objectif est d’aboutir à un pacte de refondation de l’État», a-t-il expliqué.

Ce pacte doit, selon lui, refonder le contrat social et repenser l’architecture sécuritaire, institutionnelle et économique de la RD-Congo. Au-delà du politique, il fait une proposition sécuritaire forte: la création d’un commandement national du renseignement et du contre-espionnage militaire. Pour lui, la guerre dans l’Est est aussi une guerre du renseignement. Il ajoute que, sans un appareil de renseignement unifié, coordonné et doté de moyens modernes, la RD-Congo restera vulnérable aux infiltrations et aux agressions.

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