
Des militaires des deux rives se sont affrontés jeudi en plein fleuve Congo. Un incident rare entre deux pays aux relations historiquement apaisées, qui suscite l’inquiétude à Kinshasa comme à Brazzaville. Que s’est-il passé entre les deux Congo? Jeudi, un accrochage armé d’une rare violence a opposé des éléments des Forces armées congolaises (FAC) du Congo-Brazzaville et des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
La scène s’est déroulée en plein fleuve Congo, frontière naturelle entre les deux États, dans la zone comprise entre Makotimpoko, dans le centre du Congo-Brazzaville, et Yumbi, sur la rive congolaise. Selon plusieurs témoignages recueillis par RFI, une patrouille fluviale de routine de l’armée brazzavilloise serait tombée nez à nez sur une unité des FARDC. Les échanges ont rapidement dégénéré en fusillade.
Des pertes humaines, mais un bilan encore flou
L’incident, qualifié de «regrettable» par Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères de la RDC qui effectuait justement un séjour de travail à Brazzaville au moment des faits, a occasionné des pertes en vies humaines.
Aucun des deux états-majors n’a pour l’heure communiqué de bilan officiel. Le nombre de militaires tués, de part et d’autre du fleuve, n’a pas été précisé. Une discrétion qui interroge, alors que les deux capitales affirment ignorer les raisons de cette soudaine escalade. À Kinshasa, l’on appelle à la retenue. À Brazzaville, le même mot d’ordre. L’objectif: éviter que l’incident ne se transforme en crise diplomatique.
Les deux capitales les plus proches du monde sous tension
L’événement est d’autant plus marquant que la RDC et le Congo-Brazzaville entretiennent, depuis des décennies, des relations sans nuages. Abritant les deux capitales les plus proches au monde, séparées de quelques kilomètres seulement par le fleuve, les deux pays ont toujours privilégié la concertation et la gestion commune du fleuve.
Cet accrochage intervient dans une zone sensible. Le secteur de Makotimpoko-Yumbi est régulièrement le théâtre de trafics fluviaux, de différends liés à la pêche et de mouvements de populations. Des tensions de basse intensité, habituellement réglées par les chefs locaux et les commandants de zone, sans jamais dégénérer en affrontement direct.
Reste désormais à clarifier les circonstances exactes de la fusillade. Une commission d’enquête mixte devrait être mise sur pied dans les prochaines heures, selon une source diplomatique proche du dossier. Les deux parties disent vouloir faire toute la lumière pour que «plus jamais» un tel incident ne se reproduise.



