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RDC: Charles Dimandja annonce un assainissement radical de la profession de journaliste

Charles Dimandja Wembi est une figure de référence du journalisme RD-congolais. Journaliste de formation et de métier depuis 1982, il a traversé les rédactions avec la conviction que la presse doit avant tout servir l’intérêt général. Ancien de l’ISTI et passé par la «RTNC», il défend un journalisme fondé sur les faits, l’éthique et la rigueur. Élu en septembre 2024 lors du Congrès de la renaissance, il préside aujourd’hui la Commission de la carte d’identité professionnelle de l’Union nationale de la presse du Congo -UNPC. À ce poste, il pilote le processus d’assainissement de la profession afin de restaurer la crédibilité des médias en RD-Congo. Interview.

AfricaNews: Quel est aujourd’hui l’état des lieux de la délivrance de la carte d’identité professionnelle du journaliste en RD-Congo?

Charles Dimandja Wembi: Je suis président de la Commission de la carte de l’Union nationale de la presse du Congo -UNPC. Journaliste de formation et de profession depuis 1982, je peux dire que nous sommes actuellement en plein processus de délivrance de la carte d’identité professionnelle. Nous en sommes à l’étape du traitement des formulaires introduits par les demandeurs. Les journalistes ne disposent donc pas encore de cette carte. Nous examinons minutieusement chaque dossier soumis à l’UNPC. La principale difficulté est que l’UNPC était profondément affaiblie par des conflits internes. C’est précisément pour relancer l’organisation qu’a été convoqué le Congrès de la renaissance. Dans ce cadre, la Commission de la carte, la Commission de discipline et la Commission de formation ont été mises en place afin de mieux encadrer l’exercice de la profession.

Quelles sont les conditions exigées pour obtenir la carte de presse?

Il n’y a pas de nouvelles conditions. Les critères demeurent ceux qui ont toujours régi l’accès à la profession. La première condition est la formation. Il faut avoir effectué des études de journalisme dans un établissement officiellement reconnu par l’État, et non dans des structures non agréées. La deuxième est l’intégration dans une rédaction. Il ne faut pas confondre le stage académique avec le stage professionnel. Ce dernier permet d’acquérir l’expérience indispensable à l’exercice du métier. La troisième condition est le parrainage. Aujourd’hui, le journalisme est malheureusement le seul métier où certains s’autoproclament journalistes du jour au lendemain, simplement parce qu’ils disposent d’un smartphone. Le journalisme s’apprend dans les rédactions. Le parrain est un mentor, un professionnel expérimenté qui atteste de votre moralité et de vos aptitudes professionnelles.

Comment la carte permettra-t-elle de distinguer les vrais journalistes des activistes, blogueurs et autres créateurs de contenus?

La carte comportera des mentions précises correspondant à la qualification de son titulaire. Si vous êtes journaliste de formation, la mention «Journaliste» y figurera. Si vous exercez comme caméraman, la mention «Caméraman» sera indiquée. Le formulaire prévoit les différentes catégories professionnelles habilitées à obtenir cette carte. Les influenceurs, les communicateurs ou les propagandistes ne sont pas des journalistes, car un journaliste se distingue par son impartialité et sa manière de traiter l’information. On ne devient pas journaliste dans la rue, sur YouTube ou sur TikTok. Il existe un parcours académique et professionnel. Un journaliste est avant tout un homme ou une femme de culture, animé par la recherche de la vérité afin d’informer le public.

Quels mécanismes de contrôle et de retrait de la carte sont prévus?

La Commission de discipline est chargée de cette mission. Lorsqu’un journaliste enfreint les principes qui régissent la profession, il est entendu. Si, au terme de l’enquête, il est établi qu’il ne respecte plus les exigences du métier, la carte peut lui être retirée. En cas d’insuffisances professionnelles, nous pouvons également l’orienter vers un centre de formation parrainé par l’UNPC afin de renforcer ses capacités.

Par le passé, l’octroi de la carte a été critiqué pour son manque de transparence. Quelles garanties offrez-vous aujourd’hui?

Autrefois, il était possible d’obtenir une carte dans des conditions peu transparentes. Désormais, toute la procédure passe obligatoirement par les structures de l’UNPC, notamment les sections provinciales. Le demandeur achète un formulaire, le remplit et le transmet à la commission. Chaque dossier est examiné conformément à la loi dite «Muyaya» ainsi qu’aux autres textes légaux en vigueur. Grâce aux outils numériques et à l’intelligence artificielle, nous pouvons même vérifier l’authenticité des diplômes obtenus à l’étranger. Si quelqu’un affirme avoir étudié à l’UNISIC, nous procédons aux vérifications nécessaires. L’accès à cette profession est désormais strictement encadré.

Une fois la carte obtenue, quels sont les devoirs du journaliste et quelles sanctions sont prévues?

Avant de recevoir sa carte, chaque journaliste signe un acte d’engagement attestant qu’il a pris connaissance du Code d’éthique et de déontologie. C’est sur la base de ce code que seront évalués ses actes professionnels et, le cas échéant, prononcées les sanctions.

Prévoyez-vous une mise à jour périodique ou une formation continue obligatoire?

Notre métier exige une remise en question permanente. Moi-même, je ne savais pas utiliser un smartphone il y a quelques années. Aujourd’hui, je réalise des montages. Il est indispensable de s’adapter aux évolutions technologiques. La formation continue sera donc au cœur de notre action afin de maintenir un haut niveau de professionnalisme.

Un dernier mot sur votre parcours?

J’ai toujours été animé par la passion de ce métier. Dès l’école secondaire, je me préparais déjà à devenir journaliste. Ce n’est pas un choix fait sur un coup de tête, mais une véritable vocation.

Propos recueillis par Intesa KUTA

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