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RDC : à l’approche de la présidentielle, Opposition et Pouvoir s’observent en chiens de faïence

Le procès de Salomon Kalonda poursuit son cours devant la Cour militaire de garnison de Kinshasa/Gombe. Le conseiller spécial et bras droit de l’opposant Moïse Katumbi est poursuivi pour ses prétendus « contacts » avec Kigali. Alors que l’affaire suscite des interrogations autour des intentions du ministère public, l’opposition crie au règlement de comptes, affirmant que le dossier est vide.

Terrassé par la maladie, Salomon Kalonda ferait l’objet d’un acharnement politique dans le but de fragiliser Moïse Katumbi, principal adversaire de Félix Tshisekedi à la prochaine présidentielle. Dans cet élan de vouloir gagner à tout prix, le pouvoir multiplie les stratagèmes. Dans le camp Katumbi, l’on dénonce notamment le rôle de Dany Banza, ambassadeur itinérant du président de la République, qui « a instrumentalisé un agent de l’ANR pour clouer Salomon ».

Kigali, passeport pour l’enfer

Depuis quelques mois, les accusations de liens avec Kigali sont devenues un passeport pour l’enfer, sans autre forme de procès. En plus de Kalonda, plusieurs autres acteurs de la vie sociale et politique sont actuellement traqués. Dans les rangs de l’opposition, l’on crie également contre le sort réservé à Julva Bonganda Ebongola, un chauffeur de taxi de 26 ans. « Il a été interpellé par l’ANR, et depuis, sa famille n’a plus de ses nouvelles », a alerté un porte-parole du parti Envol. Selon lui, Julva Bonganda avait réussi, dans un premier temps, à s’extirper des griffes de l’Agence nationale de renseignements -ANR-, après un long interrogatoire de quatre jours.

« Ce chauffeur de taxi est traqué pour avoir transporté un client présenté comme proche de l’opposition. Pourtant, il n’est qu’un simple chauffeur et il conduit des clients. Ce n’est pas un politique. Les dérives de ce pouvoir témoignent de sa peur », a-t-il poursuivi.

Employé dans une société privée, Julva Bonganda est également chauffeur, dans ses temps perdus, pour nouer les deux bouts du mois. Son calvaire a commencé en 2019, quand il a rencontré un certain Ramazani sur les routes de Kinshasa. Du côté de la famille du jeune chauffeur, on fait état de « visites suspectes » de personnes inconnues. Depuis plusieurs jours maintenant, Julva Bonganda n’a plus donné signe de vie et ne s’est pas présenté à son lieu de travail, faisant craindre à notre source le pire.

Dans la fièvre des élections générales prévues le 20 décembre, la tension monte clairement d’un cran dans le pays, et l’intolérance politique semble grandissante. Des organisations locales de défense des droits humains alertent sur la multiplication des arrestations arbitraires et des intimidations par les services de sécurité, alors que ces derniers n’ont jamais réagi aux allégations.

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