
La situation était déjà alarmante à Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur, dont une bonne partie se trouve sous eaux à la suite des pluies diluviennes qui s’abattent au quotidien sur cette ville. Idem pour Kinshasa la capitale où plusieurs quartiers de la commune de Barumbu, y compris la société BRALIMA, sont aussi présentement sous eaux.
«Après la pluie, c’est le beau temps», dit-on. Cette pensée est loin d’être une réalité pour les populations riveraines des deux villes qui, en lieu et place du beau temps, c’est plutôt le calvaire, la désolation. Le mal est si profond que le ministre RD-congolais en charge des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité a dressé à ce sujet un tableau sombre, faisant état de 300 morts et de plusieurs dizaines de milliers de blessés et sans abris. La plupart de personnes interrogées à ce sujet, question d’en savoir un peu plus sur les causes de cette situation, pointent du doigt les constructions anarchiques, la gestion peu responsable des ordures ménagères par la population elle-même et, dans le même temps, accusent le gouvernement de ne pas mettre sur pied une bonne politique de gestion des catastrophes.
«Nos malheurs viennent de nous-mêmes», a indiqué un penseur français. Là, c’est la faute aux populations riveraines pour avoir construit même là où on ne construit pas, mais également pour le fait de continuer à y demeurer, même si la montée des eaux du fleuve est visible à l’œil nu. Dans le même ordre d’idées, il faut que le gouvernement mette également en place un système d’avertissement de la population chaque fois que cela est nécessaire.
Chacun pourra prendre ses précautions en temps utile. Pour revenir à la ville de Kinshasa, il n’y a pas que le Fleuve Congo en furie, mais aussi la rivière Bitshaku Tshaku, qui longe la BRALIMA, sortie elle aussi de son lit, pour inonder cette entreprise brassicole et ses environs. Selon le bourgmestre de la commune Barumbu approché par la presse, «deux familles se sont réfugiées à la maison communale». Et d’ajouter: «nos services sont encore en train d’enregistrer les familles victimes». A savoir que ces eaux du Fleuve Congo sont passées de 3 à 6 mètres, une montée exceptionnelle jamais connue depuis 1961. Les autorités urbaines avaient demandé aux populations riveraines d’évacuer leurs domiciles. Mais toujours sans succès.


