Les travaux de la Commission technique mixte -CTM- chargée de la démarcation de la frontière commune entre la République Démocratique du Congo et la Zambie se sont clôturés jeudi 3 septembre à Pweto, dans la province du Haut-Katanga, sous le patronage du vice-Premier ministre RD-congolais de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières, Jacquemain Shabani. Ouverts le 29 août, ces assises se sont déroulées dans un climat d’entente mutuelle et de fraternité et ont permis aux experts des deux pays de poser les bases d’une résolution durable des tensions frontalières, en planifiant le bornage de 32 kilomètres de frontière et en lançant un appel urgent au financement des infrastructures de démarcation.
À l’issue de trois jours d’intenses activités, les deux délégations n’ont pas caché leur satisfaction. Côté zambien, le chef de la délégation, Charles Pole a reconnu la «maestria» de la direction RD-congolaise. L’Arpenteur général du ministère zambien des Affaires foncières et ressources naturelles a surtout noté une «manière avisée, équitable et efficace» de conduire les discussions. «Je me réjouis de constater que tous les points inscrits à notre ordre du jour ont été examinés dans une atmosphère cordiale, constructive et amicale. L’esprit qui a marqué nos délibérations reflète fidèlement les relations chaleureuses et anciennes qui unissent la République de Zambie et la République Démocratique du Congo», a-t-il déclaré.
À Pweto, les discussions ont été «éminemment techniques et urgents». La délégation de la RD-Congo, conduite par le Professeur émérite Célestin Nguya Ndila Malengana, Secrétaire permanent de la Commission permanente des frontières -CPF-, et celle de la Zambie se sont accordées sur un planning rigoureux pour la démarcation physique des frontières le long des rivières Lunkinda, Choma et Musongwishi. Cette portion frontière s’étend sur une distance critique de 32 kilomètres. Les travaux de démarcation pratique sur le terrain ont d’ailleurs déjà débuté et doivent se poursuivre jusqu’au 15 septembre courant. «C’est avec une grande satisfaction que nous allons clôturer cette réunion de la Commission technique mixte chargée de la démarcation de la frontière commune. Je tiens à remercier vivement tous les experts ici présents pour avoir pris une part active aux travaux par la qualité du travail abattu, dans un esprit de fraternité, de convivialité et de compréhension mutuelle», a déclaré le Professeur Célestin Nguya en clôturant les travaux.
En même temps, il a réitéré sa déférence envers les deux chefs d’État pour «les efforts qu’ils ne cessent de déployer en vue de pérenniser les bonnes relations entre nos deux États, afin de consolider les liens séculaires et fraternels qui lient nos populations respectives». Il a ensuite exhorté les techniciens déployés sur le terrain à «continuer avec cette dynamique amorcée sur le terrain jusqu’à la date limite retenue pour les travaux de démarcation».
Abordant dans le même sens, l’Administrateur du territoire de Pweto, hôte des assises, a salué la vision pacifique portée par les présidents des deux nations, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et Hakainde Hichilema. «Les bonnes relations diplomatiques constituent le fondement de la paix et de la sécurité entre nos deux États», a déclaré l’autorité territoriale, rendant de chaleureux hommages au leadership des deux chefs d’État pour la conduite pacifique et bilatérale de ce processus historique.
Résoudre les empiètements et incidents frontaliers
La clarification de cette frontière répond à une nécessité sécuritaire et administrative devenue pressante. En raison du manque de visibilité de la ligne de démarcation, plusieurs zones frontalières clés subissent de plein fouet des dysfonctionnements récurrents. C’est notamment le cas dans les secteurs de Mokambo, Sakania, Lonshi, Swaka Nord et Cimente. Le document final produit par la CTM signale que ces zones sont le théâtre d’empiètements réguliers de la ligne frontalière, de destructions de bornes historiques et de divers incidents frontaliers.
Face à ce constat, la commission a élaboré un plan d’action d’envergure comprenant des campagnes de reconnaissance sur le terrain, des actions de sensibilisation auprès des populations locales, ainsi que la construction de nouvelles bornes intermédiaires destinées à matérialiser physiquement la frontière. L’ambition de ce plan se heurte toutefois à la réalité des ressources. Pour concrétiser cette feuille de route indispensable à la stabilité de la région, la Commission technique mixte a formellement recommandé aux gouvernements de la RD-Congo et de la Zambie de mobiliser des moyens financiers substantiels.
L’objectif est d’obtenir l’engagement et le déblocage de ces fonds dès le mois d’octobre 2026. Une perspective pleinement soutenue par le Professeur Nguya Ndila, qui s’est dit «convaincu que les efforts seront fournis par les deux gouvernements en vue de doter les moyens nécessaires et substantiels de la Commission technique mixte pour la concrétisation de ce planning ambitieux». En consolidant la coopération à Pweto, la RD-Congo et la Zambie démontrent que la concertation technique et la diplomatie de bon voisinage demeurent les meilleurs outils pour transformer des frontières autrefois disputées en zones de coopération et de développement partagé.



