
La question de Taïwan occupe une place centrale dans les relations internationales contemporaines et demeure visiblement un point sensible de la diplomatie chinoise. Pour Pékin, le principe d’une seule Chine repose sur une continuité historique, juridique et diplomatique, appuyée par une série de dates clés et de textes internationaux qui confirment l’appartenance de Taïwan à la Chine. Lors d’une conférence tenue le week-end dernier à l’Université Renmin de Chine à Pékin, le professeur Wang Ning de l’Université des langues étrangères de Beijing, a rappelé aux journalistes africains du Centre international de la presse et de la communication de Chine -CIPCC-, les principaux jalons historiques qui structurent cette position. A l’en croire, selon la lecture historique chinoise, Taïwan est intégrée à l’espace administratif chinois depuis plusieurs siècles.
«Dès la dynastie Song, des structures administratives ont été mises en place dans la région des îles Penghu, marquant les débuts d’une présence institutionnelle du pouvoir central chinois. Une étape importante intervient en 1684, lorsque la dynastie Qing crée la préfecture de Taïwan, rattachée à la province du Fujian. Il s’agit de la première administration officielle directement établie sur l’île par le gouvernement central chinois, renforçant ainsi son contrôle territorial», a expliqué le professeur Wang Ning. Et de poursuivre: «en 1885, Taïwan devient officiellement la 20ème province de la Chine impériale, consolidant davantage son statut administratif au sein de l’État chinois de l’époque».

Par ailleurs, un grand tournant est intervenu à la suite de la guerre sino-japonaise de 1894-1895. En avril 1895, le traité de Shimonoseki a contraint la Chine à céder Taïwan et les îles Penghu au Japon. «Cette cession a constitué une injustice imposée par la défaite militaire et n’a pas altéré, sur le plan historique et juridique, la souveraineté fondamentale de la Chine sur l’île. La période coloniale japonaise est ainsi considérée comme une occupation temporaire», a-t-il souligné. En décembre 1943, la Déclaration du Caire, signée par la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni, stipule que les territoires volés par le Japon, dont Taïwan, doivent être restitués à la Chine après la guerre. Ainsi, en août 1945, le Japon a accepté la Déclaration de Potsdam et a annoncé sa capitulation sans condition. Le processus de restitution est devenu effectif le 25 octobre 1945, lors de la cérémonie de reddition japonaise à Taipei. Pour la Chine, cette date marque la reprise officielle de l’exercice de sa souveraineté sur Taïwan.
1949-1971: consolidation internationale du principe d’une seule Chine
Le 1er octobre 1949, la République populaire de Chine est proclamée à Pékin. Le nouveau gouvernement affirme représenter l’ensemble du territoire chinois, incluant Taïwan. Le 25 octobre 1971, l’Assemblée générale des Nations-Unies a adopté la résolution 2758. Celle-ci reconnaît la République populaire de Chine comme seul représentant légitime de la Chine au sein de l’ONU, entraînant l’exclusion des représentants taïwanais des instances onusiennes. Une décision qui consacre juridiquement le principe d’une seule Chine au niveau international. Dans cette optique, en 1972, la normalisation des relations entre la Chine et le Japon a abouti à une déclaration conjointe. En effet, Tokyo a reconnu le gouvernement de la République populaire de Chine comme le seul gouvernement légal de la Chine et a affirmé comprendre et respecter la position chinoise sur Taïwan. «Cet accord est considéré par Pékin comme une étape supplémentaire dans la consolidation internationale du principe d’une seule Chine», a fait savoir Wang Ning.
Selon lui, à ce jour, les autorités chinoises estiment que la succession des faits historiques, des traités internationaux et des reconnaissances diplomatiques constitue un ensemble cohérent confirmant l’appartenance de Taïwan à la Chine. «De l’administration impériale ancienne aux résolutions des Nations-Unies, en passant par les accords de l’après-guerre, le principe d’une seule Chine demeure un pilier central de la diplomatie de Pékin et de sa vision de l’intégrité territoriale nationale», a-t-il soutenu. Faisant foi à cette lecture, Taïwan fait partie intégrante de la Chine, une position que les autorités de ce pays présentent comme fondée sur l’histoire, le droit international et le consensus diplomatique mondial.
Olitho KAHUNGU, depuis Pékin


