
La RD-Congo veut changer les règles du jeu. Lors d’une réunion de haut niveau des Nations unies sur les minéraux critiques pour la transition énergétique, tenue le lundi 14 juillet au siège de l’ONU, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a exigé que les pays riches en ressources profitent enfin de la valeur qu’ils produisent. La cheffe de la diplomatie RD-congolaise intervenait devant la vice-Secrétaire générale de l’ONU et l’administrateur du Programme des Nations unies pour le développement -PNUD. D’entrée de jeu, la ministre d’État a salué le choix de l’ONU de placer les minerais stratégiques au centre des discussions internationales.
«Permettez-moi, au nom de la République démocratique du Congo, d’exprimer notre profonde appréciation aux Nations unies pour avoir placé les minéraux critiques au cœur d’une réflexion véritablement mondiale», a-t-elle indiqué. Pour Thérèse Kayikwamba, le défi n’est plus seulement environnemental. Il est aussi économique et social. «La transition énergétique est devenue une nécessité planétaire. Mais elle ne sera véritablement juste que si elle transforme également les économies des pays qui en fournissent les fondations», a-t-elle insisté. La patronne de la diplomatie RD-congolaise a dénoncé un système qui dure depuis des décennies. «Pendant trop longtemps, les pays producteurs ont été perçus principalement à travers le prisme de l’extraction: les matières premières au Sud; la transformation, les technologies et l’essentiel de la valeur ajoutée ailleurs», a-t-elle indiqué.
Kinshasa prône une chaîne de valeur locale
La RD-Congo ne compte plus se contenter d’exporter du cobalt, du cuivre ou du lithium à l’état brut. L’ambition affichée est industrielle. «La véritable question n’est donc plus seulement de savoir d’où proviennent les minéraux critiques, mais où demeure la valeur qu’ils créent», a fait remarquer Thérèse Kayikwamba. Et d’ajouter: «la République démocratique du Congo porte une ambition claire: devenir un pôle africain majeur de production responsable, de transformation industrielle et d’innovation autour des minéraux critiques».
Pour atteindre cet objectif, Kinshasa mise sur plusieurs leviers: infrastructures, énergie, recherche, formation et nouvelles technologies. La ministre d’Etat a également évoqué la nécessité de «formaliser et moderniser l’exploitation artisanale, afin que les travailleurs et les communautés locales deviennent pleinement parties prenantes des chaînes de valeur». Revenant sur le Forum d’Abidjan auquel la RD-Congo a pris part, la ministre d’Etat Thérèse Kayikwamba a plaidé pour un nouveau type de coopération.
«Nous avons besoin d’un partenariat renouvelé, fondé sur la transparence, le renforcement des capacités institutionnelles et une plus grande création de valeur sur le continent africain», a-t-elle conclu. La RD-Congo souhaite désormais harmoniser ses politiques nationales avec les cadres régionaux et multilatéraux afin de peser davantage dans la gouvernance mondiale des minerais de la transition.
