ActualitésDossier à la UneNation

RDC: Okito explique le processus à l’origine des affectations opérées par la ministre Ebongo

Agissant dans la limite de ses prérogatives de ministre ayant en charge la Fonction publique, Yollande Ebongo Bosongo, a procédé à la mise en place et affectation des Secrétaires généraux dans différentes administrations publiques. Son arrêté, publié le vendredi 24 avril 2020, lui a valu des vives critiques dont certaines «traduisent de l’ignorance de leurs auteurs», commente-t-on au sein de l’opinion. Ignorance, parce que l’affectation, explique-t-on, n’est pas une invention de la ministre Ebongo Bosongo surtout qu’elle n’est pas le premier ministre de la Fonction publique à procéder à la mise en place et affectation des secrétaires généraux. Après avoir eu vent des flèches empoisonnées lancées contre l’actuelle patronne de la Fonction publique, Barthélémy Okito, doyen et président de l’Association des Secrétaires généraux actifs, est monté sur ses grands chevaux pour éclairer la lanterne des uns et des autres, livrant ses «vérités» sur le dossier, expliquant ainsi le processus à l’origine de ces mouvements au sommet de l’Administration publique.

Fort de ses 20 années passées comme secrétaire général, Okito a planté le décor en faisant savoir qu’avant la promulgation de la nouvelle loi portant statut des agents et fonctionnaires de l’Etat, ses compaires étaient nommés par le Président de la République et affectés par le ministre ayant dans ses attributions la Fonction publique. Cette loi, a-t-il poursuivi, a imposé qu’avant d’accéder à tous les postes de commandement, il fallait passer par un concours. «Le ministre Michel Bongongo a transmis, en interprétation auprès des organes judiciaires, les dispositions sur la désignation des secrétaires généraux. Le Conseil d’Etat a pris un arrêt en interprétation pour autoriser le ministre Bongongo d’organiser un concours. C’est ainsi que le ministre a confié à CADICEC l’organisation du concours de recrutement des secrétaires généraux», a retracé le doyen des SG actifs à la faveur d’un entretien avec la presse dans son bureau de travail au stade des Martyrs. Ce concours a connu la participation de 312 personnes dont une est morte.

A son terme, les 72 premiers lauréats ont été nommés comme secrétaires généraux dans deux ordonnances prises par l’ancien Président Joseph Kabila. «Après le concours, le Président Kabila a signé deux ordonnances. La première nommait 47 secrétaires généraux et la seconde 25. Les anciens secrétaires généraux, au nombre de 13 -hormis les décès, NDLR-, avaient aussi leur ordonnance», a précisé le SG Okito, aujourd’hui affecté à l’Enseignement supérieur et universitaire après 10 ans passés à la tête de l’Administration du ministère des Sports et Loisirs. Et de relater: «Après nomination, c’est l’ancien ministre de la Fonction publique, Michel Bongongo, qui avait le pouvoir d’affecter les SG, celui de nomination étant dévolu au seul Président de la République.

Malheureusement pour lui, le moment où il affectait, a coïncidé avec la prise des fonctions du Président Félix Tshisekedi. Par le biais de son Directeur de cabinet, le Chef de l’Etat a instruit au ministre Bongongo de surseoir toutes les mises en place et affectations. Il a même
laissé entendre qu’il allait annuler ces ordonnances».

Après vérification de l’existence réelle de l’arrêt du Conseil d’Etat et de l’organisation du concours de recrutement, le Président Félix Tshisekedi, «en homme de paix et défenseur acharné de la cohésion nationale», a laissé courir les ordonnances signées par son prédécesseur, autorisant, par ricochet, son ministre de la Fonction publique de s’y référer pour procéder aux récentes affectations et mises en place. «A sa venue à la tête de la Fonction publique, la ministre Ebongo Bosongo s’est retrouvée devant 6 dossiers dont celui relatif à la mise en place des secrétaires généraux. Elle a commencé par harmoniser avec la Présidence de la République puis avec la Primature avant finalement de prendre son arrêté», a martelé le SG Okito, non sans mettre en exergue deux faits qui ressortent de cet arrêté. Le premier: sur les 13 anciens SG, 10 ont été affectés. Le second: sur les 72 SG issus du concours, 43 ont été affectés. Conclusion: sur les 85 SG, 32 restent sur le banc de touche en attente d’une éventuelle affectation.

A ceux qui crient à des manipulations politiciennes, Barthélémy Okito a donné une réponse claire: «Il n’y a pas eu d’intrusion politique. Tous sont fonctionnaires et ont été nommés à ce titre».

Laurent OMBA

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Fermer
Fermer