
Une vague d’interpellations a eu lieu à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, après les scènes de liesse qui ont suivi le but de la RD-Congo face à l’Angleterre, en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, rapporte l’Agence congolaise de presse -ACP-, sur la base de témoignages recueillis par téléphone. Selon l’agence officielle, des unités de sécurité relevant de l’administration de facto instaurée par la coalition AFC/M23 ont mené un ratissage dans plusieurs débits de boissons et espaces publics de la ville. Cette opération a été appuyée par des patrouilles de militaires à pied déployées simultanément dans plusieurs quartiers de Goma. «Les hommes en armes ont fait irruption sans sommation. Plusieurs jeunes ont été maîtrisés et embarqués, sans qu’aucune explication ne soit fournie sur les motifs exacts de leur interpellation», a déclaré à l’ACP F.K., un trentenaire contacté par téléphone.
L’ACP indique que ce récit est corroboré par d’autres habitants joints par téléphone. Les sources citées par l’agence font état d’une opération menée rapidement, au moment où des groupes de jeunes célébraient le but inscrit par les Léopards contre l’Angleterre, le mercredi 1ᵉʳ juillet, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta. Selon l’ACP, cette opération de sécurisation s’inscrit dans la continuité d’un communiqué diffusé quelques jours plus tôt par le M23/AFC. Dans cette note, le mouvement interdisait formellement toute manifestation spontanée dans les entités placées sous son administration.
L’ACP rappelle que cette interdiction faisait suite aux rassemblements populaires ayant salué la précédente victoire des Léopards contre l’Ouzbékistan. Au cours de ces rassemblements, des slogans de soutien aux institutions légales de la République avaient été massivement scandés par la population, précise l’agence. L’ACP souligne que cette nouvelle situation nourrit les inquiétudes des populations locales. Elle décrit un climat sécuritaire restrictif dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans les zones sous administration du M23/AFC.
Contactées par l’ACP, plusieurs familles affirment être sans nouvelles de leurs proches interpellés. L’agence précise qu’aucun bilan officiel du nombre d’arrestations n’a été communiqué à ce stade. Pour l’ACP, cet incident met en lumière la tension entre les manifestations de joie populaire autour de l’équipe nationale et les restrictions imposées dans les zones occupées du Nord-Kivu.


