
Le lauréat du prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, tranche: pas de dialogue politique sans la fin immédiate de l’agression rwandaise contre la République Démocratique du Congo. Dans un entretien accordé à DW mardi, l’homme engagé pour la paix affirme que la réintégration de l’intégrité territoriale et la reprise d’une paix durable doivent précéder toute forme de négociation entre Congolais. «Aujourd’hui, la priorité absolue, c’est la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo et, surtout, la paix en RDC», affirme Mukwege.
L’ancien candidat à la présidentielle, devenu figure politique, précise que toute initiative de dialogue soutenue par une partie de l’opposition ne pourra porter ses fruits tant que les combats ne seront pas arrêtés. «Le Congo a été agressé et cette agression doit cesser», insiste-t-il, ajoutant que «la seconde étape sera de se mettre ensemble pour parler» une fois la paix rétablie.
Mukwege rappelle également que la justice est une condition indispensable à toute réconciliation nationale: «On ne bâtit pas la paix sur des fosses communes ni sur l’impunité. Sans justice, il n’y a pas de paix.» Évoquant la durée du conflit, il exprime une colère sincère face à trente ans de stagnation et de souffrances endurées par la population congolaise: «Ça fait 30 ans que tous nos projets sont bloqués; 30 ans de souffrance». Ce message tranche avec la rhétorique de certains oppossants. Mukwege insiste sur un cadre clair: la fin des hostilités d’abord, puis le dialogue et les mécanismes de justice qui doivent accompagner tout processus de réconciliation.
Natine K.


