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RDC: Moni Della fait mentir Kabila, il publie la liste des prisonniers politiques sous l’ancien président

«Que l’ancien président Kabila cesse de travestir la vérité. Sous son règne, il y a bel et bien eu des prisonniers et des exilés politiques». Tel est la réponse cinglante que Moïse Moni Della a réservée à Joseph Kabila. Dans une interview accordée au New York Times et publiée le 30 mars, Joseph Kabila a lancé un défi: «J’aimerais bien voir quelqu’un me dire qui étaient les prisonniers politiques de l’époque», a-t-il déclaré. Quelques jours plus tard, un des fondateurs de l’Union pour la démocratie et le progrès social -UDPS- a relevé le défi: un document contenant une cinquantaine de noms a été rendu public mercredi 8 avril.

«Cette liste non exhaustive n’est pas seulement une mémoire: elle est une accusation. Elle rappelle, avec force, que l’histoire ne peut être falsifiée sans être contestée», tance son auteur. Voulue comme une «preuve irréfutable» de la répression sous Kabila, la liste de Moni Della se veut également «le reflet d’une réalité vécue par des femmes et des hommes dont le seul tort a été de s’opposer, de résister, de persister ou simplement de penser autrement».

Le leader de la CONADE dénonce en même temps des «massacres à grande échelle» dont il aura été à la fois «témoin oculaire, auriculaire et rescapé». Autant de crimes qui, selon lui, «ont endeuillé plusieurs familles sans jamais faire l’objet de vérité ni de justice à la hauteur des faits». Pour étayer ses propos, Moni Della n’a pas fait dans la dentelle, citant plusieurs personnalités de premier plan, allant de Peter Kazadi au pasteur Kutino, en passant par des journalistes dont Peter Tiani.

À ces prisonniers s’ajoutent quinze exilés politiques, dont Moïse Katumbi, Olivier Kamitatu, Jean-Pierre Bemba, Jacques Matanda, Don Pierrot Sadiki, Salomon Kalonda, Koko Nkongolo et Kwebe Kimpele.

Bataille de crédibilité

En publiant cette liste, Moni Della ne se contente pas de répondre. Bien plus, il a entrepris de discréditer la parole de l’ancien président. Là où Kabila nie l’existence de prisonniers politiques, ce document entend prouver le contraire en s’appuyant sur des noms, des dates et des trajectoires individuelles, même si la liste ne s’accompagne pas de sources judiciaires détaillées ni d’une contextualisation des cas évoqués.

Plus de cinq ans après la fin du pouvoir de Joseph Kabila, son bilan continue de diviser. Entre défense d’un héritage politique et dénonciation d’un système répressif, les divergences sont plus prononcées que jamais. Ci-dessous, la liste des prisonniers politiques sous Kabila, telle qu’établie par Moni Della.

WIDAL


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