
Le Tribunal arbitral du sport (TAS) vient de trancher un premier point crucial. Et il ne sourit pas à la Fédération congolaise de football association (FECOFA). Dans une correspondance datée du 4 septembre 2026, signée de sa conseillère Pauline Pellaux, le greffe du TAS à Lausanne répond à la tentative de la FECOFA de faire déclarer irrecevable l’appel de Rainier Patrice Mangenda Suku Swa, dans l’affaire TAS 2026/A/12613.
La stratégie de la FECOFA était simple: jouer la forme pour éviter le fond. L’argument ? Le délai d’appel de 21 jours prévu par l’article R49 du Code du TAS n’aurait pas été respecté. Réponse cinglante du TAS: faux. Le Greffe produit une capture d’écran de sa plateforme: la déclaration d’appel a été déposée le 11 juin à 00h04, heure suisse. Soit 23h04 le 10 juin à Kinshasa, heure pertinente selon l’article R32 du Code.
Or le délai expirait le 10 juin. L’appel est donc recevable. La requête de l’équipe Véron Mosengo visant à «constater que le délai d’appel de 21 jours n’a pas été respecté» est purement et simplement écartée. «Aucune autre suite ne sera donnée», tranche Lausanne. C’est plus qu’un détail de procédure. C’est le premier revers pour le camp de Véron Mosengo, président de la FECOFA, qui tente depuis des mois d’étouffer le dossier Mangenda.
Car sur le fond, l’affaire est explosive. Patrice Mangenda attaque une décision qu’il estime entachée de faux. Un faux que ses conseils jugent «patent». D’où la manœuvre de la FECOFA: si on ne peut pas gagner sur le fond, on tente de gagner sur le calendrier. Raté.
Le second point de la lettre du TAS enfonce le clou. La FECOFA s’opposait à la désignation d’un arbitre unique demandée par Mangenda, espérant sans doute une formation à trois plus longue et plus coûteuse. Là encore, le TAS rappelle la règle: à défaut d’accord, c’est la Présidente de la Chambre d’appel qui décidera. Traduction: la procédure ira jusqu’au bout. Et le fond sera examiné.
Pour Mangenda, c’est une première victoire symbolique. Pour Mosengo et sa troupe, défendus par Me Jean-Samuel Leuba à Lausanne, c’est un signal inquiétant: le TAS n’est pas la LINAFOOT. On n’y gagne pas sur un vice de forme fabriqué. Le match ne fait que commencer. Mais le premier but est pour Mangenda.


