
Quelle est la réaction du gouvernement, en particulier à la création du FRN avec à sa tête l’ancien président Joseph Kabila?
Le président honoraire a décidé d’officialiser son attaque généralisée contre la République, son attaque généralisée contre le peuple congolais. Dans le pouvoir du peuple de choisir ses dirigeants, dans le pouvoir du peuple de vouloir vivre en paix, dans le pouvoir du peuple de refuser de vivre dans les camps des déplacés. Le choix de prendre les armes signifie qu’on va tuer des Congolais pour tenter de conquérir des territoires. Ça veut dire qu’on va faire plus de drames et le peuple congolais a déjà dit largement non à ce genre d’aventure et c’est le peuple congolais qui assurera sa défense.
Avec la refonte du M23, aujourd’hui fondu dans le FRN, le gouvernement congolais entend-il poursuivre les pourparlers de paix de Doha?
Il est évident que rien ne change structurellement ou substantiellement. Nous savons que le président honoraire était déjà créateur, à l’initiative de l’AFC depuis deux, trois ans maintenant. Qu’il sorte du bois, qu’est-ce qui change fondamentalement? Les acteurs restent les mêmes, la nature du mouvement reste la même parce que c’est un groupe armé qui est appelé à disparaître au terme des discussions que nous avons.
Nous restons fermes dans nos engagements pour régler les volets sécuritaires de la crise, notamment avec la résolution 2773 du Conseil de sécurité, l’accord de Washington, le protocole de Doha. Nous restons fermes dans nos engagements pour régler les volets sécuritaires de la crise, notamment avec le père, le Rwanda à Washington, avec le fils, M23 New Look de Kabila à Doha, mais aussi et maintenant le dialogue politique dont on parle ici à Kinshasa.
En prenant la tête de ce mouvement supplétif, il a justifié sa condamnation à mort et les sanctions américaines. Tous ceux qui plaidaient pour sa participation au dialogue doivent se prononcer s’ils font le choix de la République.
Le Gouvernement de Kinshasa a-t-il une estimation précise de la force militaire, mais aussi politique, de Joseph Kabila et de son mouvement?
Je crois qu’il y a un ensemble de nostalgie derrière les actes posés par le président honoraire. Vous ne pouvez pas penser venir apprendre aux gens à nager alors que vous avez vidé la piscine. Il ne faut pas oublier q’’il y a eu 18 ans au pouvoir et il est à la base justement des conséquences que nous gérons aujourd’hui avec le président Tshisekedi.
Son dessein, en complicité avec son père complice de toutes ces années où il est au pouvoir, Kagame, c’est d’interrompre l’élan du président Tshisekedi -la gratuité de l’enseignement, la couverture santé universelle- et de contribuer à baisser la pression sur le père, qui veut se donner un bon visage en pensant organiser la Formule 1 en 2030. Mais toutes ces aventures sont bien connues du peuple congolais. Aucun Congolais ne peut approuver le recours aux armes comme mode d’accession au pouvoir.
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo estime-t-il que le FRN, avec Joseph Kabila à sa tête, nourrit de nouvelles velléités expansionnistes?
Nous n’avons pas à penser parce que nous voyons déjà ce qui s’est fait sur le terrain. On veut lancer un mouvement pour se donner un nouveau visage mais les intentions, les projets macabres, le modus operandi sont connus. Est-ce que je dois vous rappeler les 10.000 morts de Goma? Le fait que le président honoraire veuille venir assumer son rôle de fils aîné du président rwandais Paul Kagame, il porte de ce fait la responsabilité du M23 et de tout ce qu’on a déploré à Goma.
Le PPRD a été suspendu, ainsi qu’une douzaine d’autres partis d’opposition. Pour quels motifs?
Il est évident que la nouvelle attitude démontrée et assumée publiquement par le président honoraire, initiateur et autorité morale du PPRD, appelle à des conséquences. La meilleure réponse a été donnée par les cadres de ces partis qui ont fait défection.Lorsque on quitte la volonté de conquérir le pouvoir par la démocratie, par le peuple, et qu’on veut la remplacer par les armes, il y a des conséquences qui doivent être tirées. Il est tout à fait de droit que le ministre de l’Intérieur prenne la mesure de suspendre tous ces partis qui ne veulent plus contribuer démocratiquement à l’avancement du pays.
Le ministère de la Défense a interdit aux officiers de l’armée de sortir du pays. Pour quelle raison?
Il ne faut pas oublier que nous sommes un pays en guerre. Nous sommes un pays où nous sommes constamment en opération. Donc c’est une mesure normale et de routine qui a été prise dans le cadre des états-majors et par rapport à la situation générale du pays.
Le dialogue national devrait finalement se tenir. Inclura-t-il le FRN?
Toutes les questions liées au M23 rénové, au M23-Kabila, sont traitées dans le cadre de Doha. Je rappelle que le Président de la République dans son discours du 29 août 2026 a été clair. Le processus de Washington est une avancée majeure, le plan de neutralisation des FDLR évolue bien. Le processus de Doha c’est l’accord-cadre, les missions du mécanisme de cessez-le-feu, la libération des prisonniers. Tout ce qui concerne les volets sécuritaires de la crise c’est Washington et Doha. Pour ce qui concerne le dialogue national, le Président l’avait dit, il est hors de question d’amener dans ce dialogue ceux qui n’ont en réalité qu’un seul dessein: la prise de pouvoir par les armes.






