ActualitésSociété

RDC : Lumeya accuse Etshundala, Balabala et Makongo de spoliation des biens privés de l’Etat au Kwilu

Elu de Kikwit, le député national Lumeya-Dhu-Maleghi a réuni, samedi 29 août en la salle la Touraine de la Cathédrale de Kikwit, un échantillon de ses électeurs pour leur rendre compte de toutes ses réalisations faites au niveau du Parlement. Fidèle à son fief électoral, Lumeya reste par ailleurs préoccupé par les fléaux qui gangrènent le Kwilu, province issue du démembrement de l’ex-Bandundu. Profitant de ses vacances parlementaires, le député Lumeya a recueilli les doléances des dépositaires de son mandat législatif. Au cours de cet échange convivial, plusieurs points ont été abordés dont la récurrence des cas de spoliations des biens privés de l’Etat dans la deuxième ville du Kwilu.

Devant leur mandataire à la représentation nationale, les Kikwitois n’ont pas gardé leurs langues dans la poche. Ils se sont dits lassés par cette attitude qui va à l’encontre de l’Etat de droit prôné par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi. Ils ont pris pour cas d’école les déclarations de Michel Balabala. L’ancien gouverneur a déclaré, en juillet 2020 sur les ondes d’une radio locale, avoir signé, en 2017, 3 arrêtés portant désaffectation des 33 parcelles de l’Etat. Sur ces 33 parcelles, 14 furent distribués gratuitement aux responsables provinciaux. Willy Etshundala et Serge Makongo, respectivement actuel gouverneur de province et actuel président de l’Assemblée provinciale, qui fut à l’époque ministre provincial des Affaires foncières ainsi que lui-même Michel Balabala comptent parmi ces bénéficiaires.

Les uns comme les autres doivent cette cession qu’au fait d’être «responsables de la province». Ces révélations scandaleuses ont stupéfait le député Lumeya. En sa qualité d’ancien ministre national des Affaires foncières, ce dernier a expliqué à son auditoire la procédure à respecter pour désaffecter des immeubles du domaine privé de l’Etat. «Seul le ministre national de l’Urbanisme et habitat a le pouvoir de désaffecter les immeubles entrant dans le domaine privé de l’Etat. Aucune loi de la République n’autorise à une quelconque autorité nationale ou provinciale de s’attribuer gratuitement un bien immobilier de l’Etat», a tranché le député Lumeya.

Pour lui, l’acte posé par les trois responsables précités s’apparente, non seulement au banditisme juridique, mais aussi à la spoliation de bien de l’Etat. Pour ce faire, il a invité le Procureur de se saisir de ce dossier afin d’initier une action judiciaire à charge de ces trois personnes. Derrière cette démarche du député Lumeya, un souci: remettre la ville de Kikwit, dépossédée illégalement de ses parcelles, dans ses droits. «Qui construit chez autrui, construit pour autrui», a-t-il rappelé avant de rappeler que les trois personnalités sont payés gracieusement par l’Etat et ne peuvent donc en aucun cas vouloir en plus rançonner ou escroquer celui-ci.

Eclairée, la population a, à l’unanimité, décidé de mettre en place un comité de suivi pour décanter cette situation. Selon des sources proches du député Lumeya, l’on renseigne que ce dernier compte s’impliquer personnellement, en tant que porte-parole de la population, en vue d’une issue heureuse. Il compte, pour ce faire, solliciter l’intervention des députés provinciaux du Kwilu.

Pour mener à bon port la démarche, une pétition a été lancée. Celle-ci compte déjà plusieurs centaines de signatures en quelques heures seulement. Profitant de l’occasion, le député Lumeya a également remis un lot de médicaments aux patients diabétiques, des lits d’accouchement pour les hôpitaux et des sacs à sable pour l’assainissement de la ville. Celui que le Kikwitois surnomment «Papa social» a rappelé à sa base de continuer le combat pour leur bien-être. En marge de cette journée, le député Lumeya a été désigné président d’honneur de l’Association nationale des initiateurs et propriétaires de Moto taxi du Congo.

Tino MABADA

Articles similaires

Fermer
Fermer