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Loi Tshiani, l’insidieuse initiative qui risque de diviser une RD-Congo déjà agressée

Si elle en a donné l’impression à un certain moment, notamment avec la campagne «Bendele ekweya te», les multiples marches de la Société civile et des partis politiques autant de l’Opposition que des quelques partis membres de l’Union sacrée de la Nation, la guerre à l’Est de la RD-Congo n’a pas pu réellement amener les acteurs politiques RD-congolais à mettre de côté leurs calculs politiciens afin de favoriser l’unité et cohésion nationales. En effet, l’égocentrisme a encore eu raison du patriotisme et de l’intérêt général à la fois clamés mais relégués au rang de simples slogans. Triste. Le feuilleton Nsingi rejeté en 2021, ressuscité aujourd’hui en est un malheureux exemple.

On a vu l’Assemblée nationale aligner «maladroitement», selon certaines sources, la fameuse loi Tshiani qui voudrait, contrairement à l’actuel Constitution RD-congolaise, réserver l’accès à la Présidence aux seuls RD-Congolais nés des pères et de mères RD-congolais.

Selon le journal «Africanews», renseigne que «la procédure d’inscription de cette proposition de loi au calendrier de la session de mars est assise sur un faux en écriture dont l’auteur se trouve être -le député- Nsingi Pululu». Le même tabloïd renseigne que la lettre transmise au président de l’Assemblée nationale, Mboso Nkodia, signée Nsingi Pululu et datée de juillet 2021 mais portant deux accusés de réception, l’un du 7 mars 2023 par le cabinet du rapporteur, et l’autre du 27 mars par le secrétariat du président de la chambre basse, soit 24 heure avant la plénière du 28 mars.

Questions: comment une lettre rédigée pour une session clôturée depuis deux ans et dont le sujet y avait été rejeté pourrait-elle être reçu et inscrit au calendrier deux ans après? Pourquoi userait-on des subterfuges pour une initiative qui viserait, comme le défendent certains, l’intérêt général. D’aucuns pensent à raison qu’à la veille des élections censées se tenir en décembre 2023, la proposition de loi Tshiani cible la seule personne de l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi Chapwe, président du parti Ensemble pour la République, ancien allié de Tshisekedi, poids lourds de l’Opposition, très sérieux candidat à la prochaine présidentielle.

Cette politicaille ne mesure pas le danger que représenterait un débat si clivant en ce moment précis de l’histoire de la RD-Congo. La sénatrice Francine Muyumba sonne le glas: «Cette question surgit à chaque période électorale pour distraire et désorienter la population des réels problèmes qu’elle traverse». Puis: «Il est crucial de mettre un terme à la crise identitaire qui prend des proportions inquiétantes en RD-Congo». Et de rappeler: «les dirigeants doivent agir avec efficacité pour répondre aux défis que le pays affronte, plutôt que de chercher à diviser les RD-Congolais».

Sur les ondes de la Radio «Top Congo FM», l’Association des métis du Congo annonce déjà une marche pour s’opposer à cette loi qui violerait leurs droits constitutionnels. Il faut noter que colonisées par les Belges et étant une plaque tournante du commerce internationale entre la fin du 19ème et le 20ème siècle, les populations RD-congolaises se mélangées aux Belges, aux Grecs, aux Portugais, aux Français,… sans compter les Libanais et autres. Ces enfants nés d’un parent RD-congolais sont RD-Congolais d’origine aux yeux de la Constitution, autant que ceux nés des deux parents RD-congolais.

Par ailleurs, ouvrir l’opportunité de revoir la Constitution à la faveur de la loi Tshiani pourrait donner lieu à davantage de débat, «notamment, souligne Muyumba, la problématique de la double nationalité détenue par certains chefs d’institutions et députés» alors que la nationalité RD-congolaise est une et exclusive. D’aucuns pensent que la RD-Congo a besoin de paix. Ceux qui convoitent les richesses de la RD-Congo et dont les mercenaires notamment rwandais et leurs relais le M23, qui occupent quelques territoires dans le Nord-Kivu se voit renforcés par la division des RD-Congolais et la distraction que cela amène.

Le Parlement qui est la représentation du peuple devrait plus se pencher sur les besoins de la population qui souffre de plus en plus, entre autres de la guerre et de ses conséquences, du manque de stabilité et de la vie chère et de la pauvreté galopante. La RD-Congo a besoin des vrais patriotes, pas de ceux qui fragilisent davantage l’unité et la cohésion nationale. Les élections de 2023 ne devraient pas être une occasion de déstabiliser la RD-Congo de l’intérieur par des initiatives dangereuses.

Matshi Darnell

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