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Les secrétaires généraux crachent la colère

L’Administration publique est en crise. A la suite de la décision du Président Félix d’annuler les ordonnances présidentielles signées par Joseph Kabila le 27 décembre 2018 portant nomination de Hauts fonctionnaires de l’Etat, respectivement aux grades et fonctions de Secrétaire général et Directeur de l’Administration publique, les Secrétaires généraux nommés, notifiés et affectés après un concours régulier, sont montés sur leurs grands chevaux. Dans un communiqué de presse daté du 08 mars, ils demandent à l’actuel Chef de l’Etat de lever cette mesure et de mettre fin à la gestion de l’Administration publique par les secrétaires généraux intérimaires ayant échoué au concours et qui sont, selon eux, à la manœuvre pour manipuler le Cabinet du Président de la République. A en croire les Secrétaires généraux réunis à Kinshasa le 8 mars, le concours organisé par le ministère de la Fonction publique pour promouvoir au grade de Secrétaire général de l’administration publique et auquel ils ont réussi, s’est déroulé dans des conditions régulières.

Le climat au sein de l’Administration publique RD-congolaise est plus que renfrogné. A l’origine, la décision du Président Félix Tshisekedi d’annuler les ordonnances présidentielles signées par Joseph Kabila le 27 décembre 2018 portant nomination de Hauts fonctionnaires de l’Etat, respectivement aux grades et fonctions de Secrétaire général et Directeur de l’administration publique. Dans un communiqué de presse, les Secrétaires généraux nommés, notifiés et affectés après un concours régulier s’opposent à cette mesure et appellent le Président Félix à mettre fin au règne des Secrétaires généraux intérimaires, qui ont échoué au concours et seraient à la base de la manipulation du Cabinet du Président de la République.

Les SG crachent leur colère. Ils considèrent que «le retrait de ces ordonnances constitue une violation flagrante des droits dans un Etat qui se veut de droit et une entorse au processus administratif de la réforme en cours». Ils font remarquer que la nomination des Secrétaires généraux par ordonnance est l’étape ultime dans la titularisation de grade de hauts fonctionnaires. «Cette ordonnance a permis de pourvoir à la vacance aux postes prévus. La remettre en cause serait une entorse aux lois et règlements d’administration en matière d’avancement en grade à la fonction publique et jetterait un discrédit sur l’ensemble des ordonnances prises à la même date en faveur des Hauts fonctionnaires de l’Administration publique, des militaires, des ambassadeurs et des mandataires des Etablissements et services publics d’une part, et d’autre part du processus vis-à-vis des partenaires au développement qui accompagnent la mise en œuvre de la réforme. Faire autrement relèverait de l’arbitraire et enfreindrait les dispositions de la Constitution en ce qui concerne l’apolitisme et la neutralité de l’administration publique», font savoir ces Secrétaires généraux dans leur communiqué de presse.

Par ailleurs, ils soutiennent que le concours auquel ils ont réussi, organisé par le ministère de la Fonction publique pour promouvoir au grade de Secrétaire général de l’administration publique, s’est déroulé dans des conditions régulières, conformément aux dispositions des articles 20, 72 et 74 de la Loi n°16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’Etat. «Appel à candidature, examen des dossiers suivant les critères de sélection, publication de la liste des candidats par SENAREC au mois de juin 2018, formation des candidats par l’Ecole nationale d’administration -ENA- pendant 5 jours et organisation du concours par CADICEC le 20 août 2018», sont les étapes suivies dans le cadre de ce processus de recrutement, soutiennent-ils.

En outre, faisant foi à leur argumentaire, le concours ne s’est pas déroulé pendant une période suspecte, de même que les résultats ont été transmis de manière transparente aux instances hiérarchiques du gouvernement par CADICE -un organisme indépendant de sélection- après qu’une commission mixte interinstitutionnelle composée de la Présidence de la République, de la Primature et du ministère de la Fonction publique, a été constituée en vue de l’assurance qualité du processus. Les Secrétaires généraux rappellent qu’à la date du 31 mai 2018, avant même l’organisation de ce concours, face à la résistance de certains hauts fonctionnaires quant à la nécessité et à la légalité de procéder par un concours pour l’avancement en grade et fonction de secrétaire général, la Cour suprême de justice, siégeant en lieu et place du Conseil d’Etat, à la demande du ministre de la Fonction publique nationale, a rendu son avis en faveur de l’organisation de cette épreuve, en interprétation de la loi portant statut de carrière des agents des services publics de l’Etat.  Dès lors, les SG sont catégoriques. Pour eux, le gel de l’étape de la remise et reprise et la situation entretenue à ce jour dans le traitement de ce dossier risquerait de plonger l’Administration publique dans une crise profonde sans précédent. Affirmant surtout se réserver le droit de défendre les avantages acquis dans leurs carrières en usant de tous les moyens de droit, les Secrétaires généraux de l’administration publique ont, via une lettre, sollicité une audience auprès du Président Félix Tshisekedi pour lui soumettre de vive voix leurs préoccupations. Ils attendent d’être reçus.

Olitho KAHUNGU

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