
Le 28 juin 2026 restera gravé. Une date. Une bascule. Pour la première fois de leur histoire, les Léopards ont forcé la porte des seizièmes de finale d’une Coupe du monde. Un plafond de verre a volé en éclats. Ils ont arraché ce droit 3-1 face à l’Ouzbékistan, au bout de la tension. Menés 1-0 à la pause par une équipe ouzbèke venue pour l’honneur, les Fauves ont refusé le scénario. Trois réponses, trois points sur la table: un doublé de Yoane Wissa, déjà décisif face au Portugal, et un premier but en Mondial pour Fiston Mayele, entré pour faire mal. Meilleurs troisièmes à +1, les hommes de Sébastien Desabre valident leur billet et entrent dans une autre dimension. Ce n’est pas un accident. C’est une habitude des grands soirs. Comme en 2023 à la CAN en Côte d’Ivoire, comme lors des barrages africains face au Cameroun et au Nigeria, et à l’international au Mexique contre la Jamaïque… la RD-Congo a prouvé qu’elle sait gagner quand il faut gagner. Avec caractère, maîtrise et efficacité.
Atlanta, 1er juillet, l’Angleterre en face
Au Mercedes-Benz Stadium, les Three Lions attendent. Sur le papier, le duel paraît inégal: un géant du football mondial contre la 43ème nation FIFA. Sur la pelouse, l’équation risque de changer. Parce que cette meute connaît la maison. Elle y a grandi, elle y a souffert, elle y a triomphé. Elle parle le même langage que son adversaire: celui de la Premier League. Chancel Mbemba a rugi à Newcastle avant de s’imposer en Europe. Axel Tuanzebe est un pur produit de Manchester United, passé par Aston Villa, Ipswich et Burnley. Arthur Masuaku et Aaron Wan-Bissaka ont la marque West Ham sur les crampons.
Au milieu, Noah Sadiki impose le rythme et la hargne de Sunderland, Edo Kayembe la solidité et la lecture de Watford. Devant, Yoane Wissa revient chez lui: Brentford, puis Newcastle. Il connaît chaque défaut, chaque angle mort des défenses anglaises. Il sait où mordre. Sept soldats. Sept vécus de Premier League. Zéro appréhension. C’est l’arme rare que la RD Congo brandit face à l’Angleterre: une intimité avec l’intensité, la vitesse, le combat, le tempo britannique. Ils n’auront pas besoin d’un temps d’adaptation. Ils sont déjà adaptés.
Des griffes, pas de complexes
Depuis l’arrivée de Sébastien Desabre, les Léopards ont changé de peau. Rigueur tactique, discipline collective, état d’esprit irréprochable: ils ne subissent plus. Ils répondent. Ils provoquent. Ils avancent. Cette qualification est le fruit d’un travail de fond. D’un bloc qui ne lâche rien. D’une confiance qui s’est construite match après match. Face à l’Ouzbékistan, ils l’ont prouvé en renversant un match mal engagé. Face au Portugal, Wissa avait déjà montré la voie. Face à l’Angleterre, il faudra encore monter d’un cran.
Les Three Lions alignent des talents, de l’expérience, du banc. Ils font partie des favoris. La mission sera rude, physique, exigeante. Mais les Fauves ne viennent pas pour applaudir. Ils viennent pour mordre. Portés par une qualification historique et armés par leur culture du football anglais, ils ont les outils pour bousculer les pronostics. Ils n’arrivent pas en victimes désignées. Ils arrivent en conquérants. Le 1er juillet, à Atlanta, ils ne défendront pas un exploit. Ils iront chercher le suivant. Et si l’histoire continue d’écrire son nom, ce sera en lettres de Léopard. En griffures profondes.


