Le Président-Opposant pris au piège de la contradiction: les deux visages de Fayulu

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Ses partenaires de Lamuka, notamment les sociétaires d’Ensemble ne savent plus dire à quelle sensibilité politique appartient exactement Martin Fayulu, visiblement décidé de se faire prendre au piège de l’absurdité. Président élu? Opposant au pouvoir de Félix Tshisekedi, son adversaire dont la victoire a été proclamée tour à tour par la CENI et la Cour constitutionnelle avant d’être légitimée par la Communauté internationale? Le débat autour de la désignation du porte-parole de l’Opposition a fini par révéler les deux visages de Fayulu: «Président élu» et opposant à la fois. Inquiétant.

Sur Twitter, le député national d’Ensemble Christian Mwando exprime son ras-le-bol sous forme de questionnement. «Peut-on se déclarer comme députés de la Dynamique, opposants au Parlement mais refuser l’application de la Loi portant statut de l’Opposition qui veut un porte-parole de l’Opposition et se dire au pouvoir dans les médias?», interroge Mwando non sans relever la contradiction dans laquelle s’enferment Fayulu et son groupe clairement identifié dans la photo illustrant le tweet composé, outre le président de l’ECIDé, du MLC Jean-Pierre Bemba et du Nouvel élan Adolphe Muzito. À travers les réseaux sociaux, Fayulu continue d’affirmer qu’il «est important d’avoir la conviction de ses idées et refuser de transiger avec les principes». Doit-on comprendre par là que Fayulu accepte de posséder une double particularité et tente de l’imposer à tous? Primo: il se prend pour ce qu’il n’est pas: le Président de la République démocratique du Congo. Secundo: il refuse d’admettre ce qu’il est: opposant. Certains observateurs sont d’avis qu’il s’agit là  d’une stratégie consistant à privilégier la thèse de la crise en vue de tenter d’obtenir un dialogue politique et, éventuellement, un partage des postes.

Il faut rappeler qu’il y a quelques mois, Fayulu a proposé un Plan de sortie de crise basé essentiellement sur la mise en place d’une institution dénommée «Haut conseil national des réformes institutionnelles» -HCNRI- que cette personnalité bicéphale a souhaité diriger pendant une période de douze à dix-huit mois, avant l’organisation d’élections générales. D’après cette proposition, le HCNRI devrait réfléchir aux réformes à mener concernant la Commission électorale, la Cour constitutionnelle, la défense, la sécurité et les droits humains pendant plus ou moins deux ans. Pendant ce temps, Félix Tshisekedi, qui a rejeté cette suggestion lors de sa conférence de presse à Bunia, resterait aux commandes du pays.

AKM

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