
Ils étaient là sans leurs animateurs, retenus au pays faute de visas après une semaine à Nairobi. Leur absence n’a fait que concentrer l’énergie. Les supporters de la RD‑Congo ont transformé le stade Akron de Guadalajara en un coin de Kinshasa: chants gutturaux, tambours, drapeaux flottant sous un soleil de plomb. Au noyau venu de la capitale se sont greffées des légions de la diaspora -USA, Canada, Europe, Amérique latine- tous unis dans la même ferveur.
Tout au long de la rencontre, ils ont imposé leur rythme, contagieux au point de gagner le public mexicain. Le 12e homme s’est fait sentir: clameurs synchronisées, téléphones brandis, encouragements montant en vagues. Même deux buts refusés par l’arbitre n’ont pas entamé leur détermination; au contraire, chaque décision contestée a renforcé la ferveur, les fans soutenant les Léopards comme un rempart sonore. La tension a atteint son paroxysme lorsque la VAR a été appelée après le but d’Axel Tuanzebe.
Quelques minutes de silence pesant ont suspendu le souffle du stade, avant que l’écran ne rende son verdict. Quand la vidéo a validé l’unique réalisation -à la 100e minute- l’explosion a été totale: sauts, larmes, embrassades, drapeaux claquant dans l’air. Sur les gradins et dans les parkings, la scène restera gravée. Selfies et vidéos ont immortalisé l’instant. Malgré la distance, les obstacles et une nuit longue, ces supporters ont porté leur équipe jusqu’à la délivrance, rappelant que la passion peut faire oublier l’absence des chefs de chant et transformer un stade étranger en maison.
Au coup de sifflet final, ce fut l’apothéose. Congolais et Mexicains ont chanté et dansé -en lingala, en français, en espagnol- certains échangeant leurs maillots et se promettant de se retrouver pour la phase finale.
Natine K.
