ActualitésNationPolitique

RDC: Iris Basuabu appelle les Kwangolais au sursaut collectif pour impulser le développement local

C’est un appel au sursaut collectif pour transformer les potentialités de la province du Kwango en prospérité réelle. Dans une tribune publiée le week-end dernier, Iris Basuabu, notable local, a haussé le ton pour faire bouger les choses. Diagnostic cinglant et thérapie de choc pour changer le visage de cette province issue du démembrement de l’ex-Bandundu. Onze ans après sa création, le Kwango peine en effet à tirer son épingle du jeu. Entre immenses potentialités économiques et défis structurels persistants, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à une mobilisation collective autour du développement provincial.

«Le Kwango à la croisée des chemins: l’heure du sursaut, de l’unité et du développement» est bien plus qu’une réflexion. La tribune se veut un «document stratégique». Son auteur, Iris Basuabu Ilembo, y dresse un constat sévère mais lucide de la situation actuelle de sa province qui, malgré ses immenses ressources naturelles et sa position géostratégique, demeure confrontée à de profondes difficultés socio-économiques. «L’heure est venue pour le Kwango de transformer ses potentialités en prospérité réelle. L’heure est venue pour ses filles et fils de dépasser les divisions et de construire ensemble une province forte, unie et tournée vers l’avenir», estime-t-il.

Il ajoute: «Le Kwango n’est pas une province pauvre. Le Kwango est une province appauvrie». Le diagnostic qui suit est éloquent. De l’avis d’Iris Basuabu Ilembo, les problèmes majeurs du Kwango trouvent leur origine dans «un déficit historique d’investissements structurants, de volonté politique soutenue et de cohésion collective autour d’une vision commune».

Au Kwango, les cinq territoires, dont Kasongo-Lunda, Kenge, Feshi, Kahemba et Popokabaka, disposent d’importants atouts, allant de vastes terres arables aux ressources minières, en passant par le potentiel hydrographique, forestier et pastoral. Frontalière de l’Angola, le Kwango fait pourtant figure de l’un des parents pauvres de la RD-Congo. «Le délabrement des routes, l’absence d’infrastructures énergétiques, le manque d’accès à l’eau potable, la quasi-inexistence du réseau bancaire dans le Kwango profond et la faiblesse des investissements publics ont progressivement étouffé l’économie provinciale», déplore l’auteur.

L’unité provinciale comme priorité  

Dans sa tribune, Iris Basuabu Ilembo insiste particulièrement sur la nécessité de renforcer l’unité entre les filles et fils du Kwango. «Le Kwango doit désormais parler d’une seule voix», soutient-il, dénonçant «les querelles de leadership», «les replis tribaux» ainsi que «les rivalités territoriales» qui freinent, selon lui, l’émergence de la province. Le notable plaide également pour une considération équitable des cinq territoires. Ce n’est qu’à ce prix qu’il pense voir la province relever le pari de «la cohésion provinciale», condition essentielle du développement qui devrait commencer par le désenclavement.

«Aucune économie ne peut prospérer sans routes, sans énergie et sans infrastructures de transport», analyse l’auteur de la tribune. Et d’ajouter: «Une province incapable d’évacuer sa production agricole ou minière reste condamnée à la pauvreté malgré ses richesses».

Tout en saluant les orientations contenues dans le Programme d’action du gouvernement provincial 2024-2028, Iris Basuabu plaide pour une meilleure exploitation des opportunités offertes par la frontière avec l’Angola, longue de 1 200 kilomètres. «Cette frontière peut devenir un puissant levier de commerce régional, une source importante de recettes publiques, un moteur de création d’emplois pour les jeunes et un facteur d’intégration économique sous-régionale», croit-il.

Miser sur l’agriculture et la transformation locale

Pour sortir le Kwango de ce chaos, Iris Basuabu propose d’accorder plus d’espace à l’agriculture. Grenier agricole du pays durant les années Zaïre, le Kwango a perdu de sa superbe au fil des années. C’est ce passé glorieux que rêve de ressusciter le notable Basuabu. «Le Kwango doit sortir définitivement d’une économie de subsistance pour bâtir une économie productive, moderne et compétitive», plaide-t-il, convaincu de l’existence d’un potentiel immense. Pour relancer ce secteur, il pose une thérapie en 5 axes: accès aux intrants agricoles, organisation des coopératives, financement rural, réhabilitation des routes de desserte agricole, installation d’infrastructures de conservation et de transformation, et encadrement technique des producteurs.

Toutefois, ce retour vers l’agriculture ne devrait pas conduire à une économie à sens unique. Basuabu propose également de développer les secteurs minier, énergétique et touristique, encore largement sous-exploités au Kwango. Ce processus de renaissance du Kwango passe, selon lui, par une nouvelle dynamique générationnelle et une gouvernance fondée sur «l’éthique, la compétence et l’inclusion». «La jeunesse du Kwango ne demande pas l’assistanat. Elle demande des opportunités», conclut-il.

WIDAL

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page