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Lancement le 21 mars 2026 de «La culture sauve les peuples», essai de Myoto Liyolo

Le 21 mars 2026, Myoto Liyolo pose une pierre blanche sur le chemin sinueux de la mémoire collective. Son livre, «La culture sauve les peuples», publié en novembre 2025 aux éditions Fondation Liyolo, sera lancé à cette date. Plus qu’un essai, il se présente comme un manifeste intime et tranchant: la culture comme arme, comme remède, comme stratégie politique.

La préface, signée par l’auteure, frappe d’emblée. Elle raconte une enfance passée «dans l’atelier de mon père, Alfred Liyolo, plus connu sous le nom de Maître Liyolo -Professeur Magister Artium-, entre les poussières de cuivre, le feu et l’odeur de la terre humide». Ces images forgent le ton du livre: l’art comme matière vivante, mémoire et résistance.

«Regarde», disait son père, «chaque touche porte une histoire. Chaque courbe défie l’oubli». Myoto Liyolo n’écrit pas depuis les tours d’ivoire. Ancienne directrice de communication d’une campagne présidentielle et actuelle collaboratrice de la Première ministre, elle mêle expérience politique et sensibilité artistique. De cette double boussole naît un regard lucide: l’art n’est pas un ornement, c’est une stratégie -un soft power qui réarme les sociétés fragilisées.

Le cœur du propos s’attaque à une idée répandue et dangereuse: réduire les guerres des Grands Lacs à des haines «ethniques» immémoriales. Liyolo balaie ce récit simpliste. «Les guerres qui nous déchirent ne sont pas culturelles. Elles sont économiques. Elles sont géopolitiques».

Son argument est net: loin d’être l’expression d’antagonismes ancestraux, les conflits prospèrent sur l’oubli, l’amnésie volontaire d’une histoire partagée.

Son expérience traversée par les voyages et les rencontres la convainc: dans le Kivu, au Rwanda, au Burundi -elle a vu «partout les mêmes danses, observé les mêmes rythmes, découvert les mêmes légendes». Ces constats forment la base d’un plaidoyer: réunir par la culture, plutôt que de se laisser diviser par des logiques extérieures et prédatrices.

La force stylistique du texte tient à sa double posture: intime et engagée. Liyolo écrit pour son père «dont chaque œuvre est une ode à la dignité»- pour les artistes, les penseurs, les bâtisseurs, mais aussi pour «nos enfants», afin qu’ils apprennent à regarder la région comme une terre d’avenir, non comme un théâtre de guerre. La culture, affirme-t-elle, «dit la vérité quand le mensonge est porté en triomphe» et «élève quand tout conspire pour rabaisser».

La conviction militante ne verse jamais dans le pamphlet haineux. L’autrice se veut claire: ce livre «n’est pas un pamphlet. Ce n’est pas non plus un manifeste nostalgique. C’est un acte de résistance lucide». L’approche est pratique autant qu’esthétique: la culture comme outil de cohésion et de puissance douce, capable d’entraver les logiques de pillage et d’appropriation qui alimentent la violence.La métaphore filée de la sculpture traverse l’ouvrage: sculpter, c’est «révéler ce qui est déjà là».

Le livre lui-même se présente comme «une sculpture collective» qui exhume une vérité enfouie -que l’unité et la richesse commune du peuple l’emportent sur les frontières coloniales et les stratégies de division. À l’heure où les analyses internationales s’épuisent parfois en diagnostics techniques, La culture sauve les peuples propose une remise en perspective salutaire. Ce n’est ni une formule magique ni une feuille de route politique complète, mais une invitation pressante: investir dans la culture, reconnaître sa centralité, lui donner les moyens de s’exprimer et de rayonner.

Rendez-vous le 21 mars 2026 pour le lancement officiel d’un livre qui promet d’alimenter le débat public et de rappeler, par la voix d’une fille d’atelier devenue actrice de la scène politique, que la beauté peut être une force -et que, parfois, sauver un peuple commence par se souvenir de ce qui le constitue.

Natine K.

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