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La signature de Marc Ekila retarde le projet d’un téléphérique à Kinshasa?

Le ministre des Transports et voies de communication, Marc Ekila, a annoncé lundi 16 octobre dernier dans un briefing co-animé avec son collègue de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, que le projet de construction d’un téléphérique destiné à soulager les embouteillages dans la ville de Kinshasa a déjà été signé. Mais, dans les coulisses, des administratifs proches du dossier font mentir Marc Ekila et font, au contraire, part d’un «retard de quatre mois enregistré à ce jour à cause de la lenteur ou du refus du ministre des Transports d’apposer sa signature alors que tous ses autres collègues concernés l’ont déjà fait». Vrai ou faux? Les sollicitations en vue d’un éclairage de la part du cabinet des Transports n’ont pas reçu de suite.

Et pourtant lors de ce briefing, le ministre des Transports a bel et bien confirmé avoir signé et qu’il n’y a aucun blocage à ce dossier!

Qui croire?

«Le ministre ne peut tout de même pas mentir en direct à la TV et dans un briefing officiel», dit un conseiller à la Présidence qui a préféré garder l’anonymat en répondant à nos questions.

Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, espère être dotée d’un téléphérique circulant au-dessus de ses rues. Le gouvernement entend, par ce projet annoncé début juillet, soulager la ville de ses embouteillages en introduisant une ligne de transport aérien par câble.

Les travaux également annoncés au cours de la même période pour une durée de six mois n’ont jamais démarré alors que la circulation demeure infernale dans la ville initialement créée pour 500 000 habitants mais aujourd’hui congestionnée aujourd’hui par plus de quinze millions d’habitants.

Au transport routier, confronté à l’insuffisance des infrastructures, l’Exécutif a pensé introduire une ligne de transport aérien par câble. La phase pilote devrait porter sur une ligne d’une capacité d’accueil estimée à 5000 passagers par jour, sur deux kilomètres reliant deux gares stratégiques dans un quartier populaire, notamment entre l’Université de Kinshasa et le Triangle situé à un jet de salive du rond-point Ngaba. Ici, les passagers peuvent prendre plusieurs destinations, notamment vers Cité verte et Upn ou vers la route Elengesa qui conduit à l’avenue Kasavubu et l’avenue ex-24 novembre puis au boulevard du 30 juin.

Développement des infrastructures de transport pour soutenir la croissance économique

Le projet téléphérique de Kinshasa avait été rendu public par une vidéo devenue virale de la signature du contrat au cabinet de l’Aménagement du territoire dirigé par le ministre Guy Loando.

«Ce projet ambitieux s’inscrit pleinement dans la vision du chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui s’est engagé à développer les infrastructures de transport en République Démocratique du Congo pour soutenir la croissance économique et améliorer la qualité de vie de la population. Nous avons lancé ce projet. Une étude préalable a été faite. Nous sommes tombés sur l’opportunité», avait expliqué Loando peu après le dévoilement du projet.

Ensuite, une autre séquence était la descente sur terrain du ministre des Finances, Nicolas Kazadi, et celui de l’Aménagement du territoire, accompagnés des représentants de la société POMA -société française détentrice de la technologie- et MILVEST -société turque chargée de réaliser tous les travaux de génie civil.

Selon les officiels, on doit d’abord faire «cette phase pilote de 2-3 Kilomètres, pour voir le comportement de la population parce qu’un projet innovant pareil, c’est toute une habitude à créer. Il ne faut pas construire des ouvrages dont la population ne va pas s’en servir. On commence d’abord par cette phase: université de Kinshasa jusqu’au Triangle. Quand on verra la fréquentation, comment la population va s’habituer… c’est alors que nous pourrons voir, conformément au plan provincial d’aménagement du territoire, si on envisage d’autres lignes et étendre ça à d’autres villes du pays».

Technologie française installée par une société turque

L’infrastructure devrait être construite par une société turque, mais la technologie est purement française. Pour cet ouvrage, l’Etat a prévu de libérer des espaces occupés à travers un mécanisme d’expropriation.

«Dans le cadre de l’implémentation du projet, il y a des espaces qu’on devra exproprier pour cause d’utilité publique. Il y a des indemnisations qui vont être versées aux propriétaires fonciers qui feront l’objet de cet acte. Tout ça, c’est prévu et inclus dans le projet. On n’est pas là pour créer des problèmes», avait ajouté Guy Loando.

«Si le ministre n’a reellement pas encore signé ce contrat cela voudrait dire que nous devons douter de tout le reste de tout ce qu’il a affirmé lors de ce briefing, entre autres sur le projet de l’aéoroport de Ndjili, les avions de Congo Airways, la nouvelle compagnie Air Congo.. Il y aurait des blocages volontaires ou involontaires de sa part?», a intérroge un auditeur de Top Congo.

«Si c’est vrai que le ministre n’a pas signé contrairement à ce qu’il a affirmé lors du briefing avec son collègue Muyaya, cela veut dire que certains hommes politiques, d’un certain parti sont les vrais problèmes de ce pays. D’aussi beaux projets qui restent lettres mortes sont une trahison à la vision du chef de l’Etat et au developpement de la nation… », commente le patron d’un media en ligne patriote qui dit rédiger un dossier explosif sur des dossiers bloqués au ministère des transports.
(Dossier à suivre)

Natine K.

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