
La plateforme des Confessions religieuses de la RD-Congo a exprimé, lundi 13 avril 2026, ses vives inquiétudes face aux propositions de loi du député Meschak Mandefu. Dans une déclaration officielle, les chefs religieux ont rejeté l’idée de confier le choix du président de la Centrale électorale aux députés, y voyant une menace directe pour l’indépendance du processus électoral. Pour les leaders religieux, la Commission électorale nationale indépendante -CENI- doit demeurer une institution citoyenne d’appui à la démocratie, au même titre que la CNDH ou le CSAC.
En proposant que le Président de la CENI soit désormais désigné par les députés, la réforme Mandefu franchirait, selon eux, une ligne rouge périlleuse. «Confier la désignation du président d’une telle institution à l’Assemblée nationale pose plusieurs problèmes qu’il faut nécessairement éviter», ont-ils martelé dans leur communiqué.
Dans un contexte où la présence des acteurs politiques est déjà massive au sein de la Centrale électorale, les religieux craignent que l’indépendance de l’organe technique ne soit définitivement sacrifiée sur l’autel des intérêts partisans. Ils ont dénoncé un conflit d’intérêts structurel, rappelant une réalité simple: les députés nationaux qui seraient investis du pouvoir de nommer les dirigeants de la CENI, sont les mêmes qui se porteront candidats aux prochaines échéances électorales. «Comment être juge et partie?», s’interrogent les observateurs.
Pour la plateforme des Confessions religieuses, ce schéma fragiliserait la crédibilité des résultats avant même la tenue des scrutins. Elle y voit également un rétrécissement de l’espace accordé à la Société civile, historiquement garante d’une certaine neutralité dans le choix du leadership électoral. Rappelons que cette levée de boucliers fait suite au dépôt, le 7 avril dernier, de deux propositions de lois par le député Mandefu.
Outre le mode de désignation du président, le texte prévoit une restructuration profonde de la CENI, incluant la suppression de l’Assemblée plénière, jugée trop coûteuse et inefficace dans sa forme actuelle. Tout en saluant la volonté de renforcer la transparence du processus électoral, les chefs religieux ont annoncé qu’ils publieraient prochainement une analyse technique approfondie après une lecture complète des textes déposés.
Hénoc AKANO
