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Kinshasa signe un protocole d’accord avec KoBold Metals pour la numérisation de ses archives géoscientifiques

La République Démocratique du Congo franchit une nouvelle étape vers la modernisation de son secteur minier. Un protocole d’accord a été signé vendredi 25 juillet entre le Cadastre minier -CAMI-, le Service géologique national du Congo -SGNC- et la société américaine KoBold Metals, spécialisée dans l’exploration minière assistée par intelligence artificielle. Objectif: numériser les archives géoscientifiques historiques de la République Démocratique du Congo, en grande partie conservées à l’étranger. Cette initiative intervient quelques semaines après l’annonce du ministre des Mines, Kizito Pakabomba, sur la volonté du gouvernement de rapatrier et digitaliser ses données géologiques, en particulier celles détenues en Belgique. Une partie importante de ces archives se trouve encore au Musée royal d’Afrique centrale -MRAC- à Bruxelles, héritage de la période coloniale.

Vers une meilleure connaissance du sous-sol du pays 

La signature de ce partenariat stratégique s’est tenue à Kinshasa en présence de Popol Mabolia, directeur général du CAMI, d’Adelard Joël Ngoy, directeur général adjoint du SGN-C, et de Benjamin Katabuka, administrateur général de KoBold Metals. L’accord porte sur la numérisation progressive des données géoscientifiques stockées tant au MRAC qu’au sein du Cadastre minier.Selon les signataires, cette collaboration vise à améliorer la connaissance du sous-sol de la République Démocratique du Congo, à offrir un accès élargi aux données scientifiques, et à attirer davantage d’investissements responsables dans le secteur minier. «Cet accord traduit un engagement commun en faveur d’une gouvernance transparente et d’une valorisation scientifique du patrimoine géologique national», a souligné le CAMI dans un communiqué.

Une ambition affirmée sur la scène internationale

Présente au récent sommet d’affaires USA–Afrique à Luanda, la République Démocratique du Congo a réitéré sa volonté de reprendre le contrôle de ses données stratégiques. «Avant de solliciter des financements sur les marchés internationaux, il est essentiel de mieux connaître le potentiel réel de notre sous-sol», a déclaré le ministre Pakabomba à son retour d’Angola. «Beaucoup d’archives, collectées durant l’époque coloniale, sont encore conservées hors du territoire national. Il est temps de les rapatrier et de les valoriser».

KoBold Metals: un acteur technologique majeur au service du gouvernement 

Soutenue par des investisseurs de renom comme Bill Gates et Jeff Bezos, KoBold Metals est à l’avant-garde de l’exploration minière grâce à l’intelligence artificielle. La start-up américaine s’est engagée à investir plus d’un milliard de dollars pour développer des chaînes d’approvisionnement en lithium à destination des marchés occidentaux.

Nanti d’un projet ambitieux pour le site prometteur de Manono, dans la province du Tanganyika, l’entreprise ambitionne d’y exploiter un gisement de lithium classé parmi les plus importants au monde. Elle entend utiliser ses technologies de pointe pour identifier de nouveaux gisements de minerais stratégiques, essentiels à la transition énergétique mondiale.

Un partenariat aux enjeux géopolitiques

Ce rapprochement intervient dans un contexte diplomatique sensible. Alors que les tensions persistent entre Kinshasa et Kigali dans l’Est de la République Démocratique du Congo, Washington multiplie les initiatives pour renforcer sa coopération avec Kinshasa dans le secteur minier, en réponse à l’influence grandissante de la Chine en Afrique.Avec cet accord, Kinshasa consolide sa stratégie de souveraineté minière et s’ouvre davantage aux partenariats technologiques internationaux, dans une optique de développement durable et de transparence. 

Natine K.

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