
La République Démocratique du Congo et les États‑Unis ont scellé, jeudi à Kinshasa, un Mémorandum d’entente portant sur un cadre de coopération sanitaire doté de 1,2 milliard de dollars. La cérémonie, présidée par la Première ministre Judith Suminwa, marque l’un des engagements les plus importants jamais consacrés au secteur de la santé du pays: 900 millions de dollars fournis par Washington et 300 millions de dollars mobilisés par Kinshasa. Dans son allocution, la cheffe du gouvernement a inscrit cet accord dans la continuité de la vision du président Félix Tshisekedi.
«Il s’agit d’un partenariat qui vise à bâtir un système de santé porté, financé et piloté de manière responsable par nos propres institutions, avec l’appui de partenaires engagés», a déclaré Judith Suminwa, avant de rappeler l’objectif du gouvernement: faire progresser la couverture santé universelle et installer un système accessible, durable et financièrement soutenable. «Cet accord représente bien plus qu’un engagement administratif. Il exprime notre responsabilité envers nos concitoyens», a‑t‑elle ajouté.
Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a exposé les grands axes du mémorandum, centrés sur la lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme, l’amélioration de la santé maternelle et infantile, la poursuite de l’éradication de la poliomyélite, l’intensification de la surveillance épidémiologique, le renforcement des capacités du personnel de santé et la préparation aux urgences sanitaires. «Ce sont des vies à sauver, des familles à protéger et des communautés à sécuriser», a‑t‑il souligné.
Sur le plan financier, le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde a salué la portée stratégique de l’investissement et annoncé l’engagement progressif du gouvernement à accroître la part du budget national consacrée à la santé, afin d’assurer l’appropriation nationale du projet et d’accompagner l’effort de l’administration américaine. Ian McCary, chargé d’affaires a.i. de l’ambassade des États‑Unis, a qualifié l’accord de «pragmatique et ambitieux», soulignant le passage d’une assistance traditionnelle à une coopération fondée sur une responsabilité partagée. Selon lui, l’objectif est triple: sauver des vies, renforcer la sécurité sanitaire bilatérale et contribuer à la construction d’un système résilient et autosuffisant en République Démocratique du Congo.
Au‑delà de l’apport financier extérieur, la mobilisation de 300 millions de dollars par Kinshasa est présentée comme un acte de souveraineté sanitaire. Le gouvernement met en avant la volonté d’orienter ces ressources vers les priorités nationales, conformément au quatrième pilier de son Programme d’actions, qui fait de l’accès aux soins de qualité pour tous une priorité.
Les responsables ont insisté sur la nécessité d’un suivi rigoureux des engagements et de résultats «concrets, mesurables et durables». La réussite de ce partenariat dépendra, ont‑ils dit, de la mise en place de mécanismes de gouvernance transparents, de la lutte contre la corruption et d’un renforcement institutionnel capable d’assurer la pérennité des gains. Par son ampleur et ses objectifs, ce partenariat Kinshasa‑Washington promet de transformer en profondeur le paysage sanitaire congolais, avec des répercussions potentielles au‑delà des frontières nationales si les engagements se traduisent en améliorations tangibles pour les populations.
Natine K.