
Pour une fois, et ce sera la dernière, Freddy Kapumba a été conduit en voyage. Ce n’était pas dans son intention de se rendre à Bandundu, sa ville natale, pour rendre visite à sa chère Nelly ou pour faire la fête, mais il a été contraint d’y aller, même contre sa volonté. Ce vendredi, le corps de Freddy Kapumba est escorté vers son ultime repos. À Kinshasa, des hommages émouvants lui ont été rendus dans une cathédrale bondée de personnes provenant de divers horizons. Une profonde émotion s’est manifestée! À Bandundu, où d’autres hommages lui ont également été dédiés, le même scénario s’est répété. Freddy est bel et bien parti, mais les hommages se poursuivent.
Fred: frère un jour, frère toujours…
Il est des départs qui arrachent une part de nous. Celui de Fred en fait partie. Inopiné, brutal, déchirant. Comment exprimer la douleur de perdre un frère, pas seulement un ami ou un collègue, mais un vrai frère de cœur, de valeurs, de combats silencieux et de rires éclatants? Fred savait faire le lien, bâtir des ponts entre les uns et les autres. Il avait cette simplicité généreuse, cette disponibilité naturelle qui ne demandait rien mais offrait tout. Il suffisait d’un petit message, et il était là. Présent. Fidèle à son style. L’année dernière -encore-, lors d’un court séjour à Kinshasa, je lui ai juste écrit. Quelques minutes plus tard, il me rappelait: «Donne-moi l’adresse, mpangi, et dis-moi à quelle heure je passe».
Le jour même, il débarquait avec notre cher ami et frère Adélard Obul Okwess. Ils m’ont sorti de ma «tanière», m’extirpant du retrait dans lequel je m’étais installé. On a fait un tour, partagé un repas, levé un verre en toute fraternité. Rien de spectaculaire, juste ce qui fait le sel de la vie: des moments vrais, simples, riches. Fred aimait me taquiner. Il m’appelait «mpangi» ou «homo». Et parfois, en riant, il me lançait: «Yo, oza mungala ya ndenge nini? On dirait mukongo! Et nous éclations de rire, avant de nous enlacer…». Très récemment, aux obsèques du Professeur Mupapa, c’est avec lui que j’échangeais pour avoir des nouvelles. Il était toujours là. Toujours.
Fred était un homme pragmatique, franc et serviable. Il n’aimait pas les détours. Il défendait les siens avec vigueur. Il était de ceux qu’on pouvait appeler à toute heure, pour un conseil, un soutien, un coup de main. Et il répondait toujours présent. Je suis chrétien. Je sais que «la mort est le rendez-vous de tous les vivants» -Ecclésiaste 9:5. Nous sommes tous en route vers ce mystère insondable. Mais, même avec la foi, la mort reste un choc, une surprise, un silence assourdissant.
Elle nous enlève les nôtres, souvent sans préavis. Fred nous quitte. Mais il ne fait que nous précéder. Il laisse un vide. Immense. Que Dieu, le Père des miséricordes, console tous ceux et celles qui sont touchés par cette perte. Qu’Il entoure de Sa paix la famille, les amis, les proches. Et qu’Il nous apprenne, à travers cette épreuve, à aimer encore et encore, à vivre pleinement et à honorer, vivants, ceux qu’Il place sur notre chemin.
Adieu, cher «mpangi»! Adieu, «Sensei»! Tu restes vivant dans nos cœurs!
Ton ami et frère, Fred EMBUMBA
Freddy: une amitié qui dure depuis 35 ans
Ferdinand Kapumba Mabulu, plus qu’un ami, c’était un frère… Nos chemins s’étaient croisés en juillet 1990, à Kinshasa. Ce jour-là, près de 3000 candidats, principalement des nouveaux bacheliers, étaient convoqués à l’amphithéâtre de l’Institut supérieur pédagogique -ISP/Gombe- pour passer le test écrit d’admission à l’ex-Institut supérieur des sciences et techniques de l’information -ISTI.
Était-ce un hasard? Je ne le crois pas. Car, ce jour-là, Freddy était mon voisin dans amphithéâtre. Et tout de suite, il y eut une connexion entre nous deux. Il n’y avait pas encore de téléphoné portables en ce temps-là, mais je ne sais par quelle magie, on décidait de garder contact. Début août 1990, on se retrouve avec Freddy, toujours à l’ISP/Gombe, car on était parmi les 800 candidats retenus pour la seconde phase du test d’admission, c’est-à-dire les épreuves orales. Je fus séduit par son éloquence, pendant que nous faisions la mise en bouche avant de passer devant l’examinateur.
Moi, bègue et de nature introverti, je rencontrai Freddy une personne extravertie et débordant d’énergie. Octobre 1990, nous débutions notre cursus académique à l’ex-ISTI et on se voyait 6 jours sur 7, avec au passage l’élargissement de notre champ d’amitié dont les camarades de promotion tels que: Michel Mukebayi, Achille Kadima, Pascal Amisi, Paulette Kimuntu, Jacqueline Kadiebwe, Agnes Nkoy, Christophe Tito Ndombi, Mamie Ilela, Willian Kalengay, Lèon Awazi Kharomon, Guy Matundu, Gratien Kitambala, Nathalie Katende, Serge Mabaluka, Georges Impote, etc., pour ne citer que ceux-là.
Et plus tard, les années 1992-1993, notre champ d’amitié sera étoffé par des camarades tels que Alain Nkoy Nsasies, Adelard Obul’okwess, J.C. Mbuankiem, etc. Avec Freddy, nous avons partagé des moments heureux et malheureux, nos quatre cent coups, surtout notre passion commune pour les concerts de Zaïko L.L. Bien qu’expatrié, pour des raisons professionnelles, chaque fois que je rentrais au pays, on se retrouvait comme si on vivait dans un même pays. A Geoffrey, à Yohan et à Anaïs Kapumba, ses trois charmants enfants, sachez que nous serons toujours là pour vous, pour Freddy…
Philippe MAYELE ZENGABAU
Premier conseiller AmbaRDC/Buenos Aires
Freddy alias «Zuma»: un aîné difficile à oublier
Difficile de compter ce qu’a été mon grand frère, Freddy Kapumba pour moi. Accompagnant un autre aîné et un de mes initiateurs aux ABC de la presse imprimée, Monsieur Nkoso Mukebayi Mike à la rédaction du Journal «AfricaNews» sur avenue du Livre, dans la commune de la Gombe, mon chemin va croiser celui de l’illustre disparu.
Avec le flair journalistique, j’ai directement déniché où le grand frère travaillait à Kinshasa. D’où le surnom «Zuma». Un sobriquet qu’il a également affectionné et aimé, de sorte qu’entre lui et moi, il n’y avait plus d’appellation des prénoms. Lorsque j’étais devant lui, il m’appelait «Zuma». Et moi de même. De lui je retiens une ouverture d’esprit. Savoir se mêler dans la masse et s’adapter à toutes les situations sociales. De là où je suis, je fais mon deuil seul.
Quand j’ai lu des témoignages de l’édition du Journal «AfricaNews», parue le mercredi 13 août 2025, j’ai eu du mal à quitter les différentes pages. J’ai comme l’impression, que nous sommes assis ensemble et vous, mes chers aînés -Alain Nkoy, Achille Mulamba, Mukebayi Nkoso, etc.-, vous êtes en train de nous compter différentes expériences de la presse. Loin des yeux, près du cœur, Cher «Zuma»! Vos leçons et gestes du «savoir-vivre» resteront à jamais gravés dans mes pensées.
Adieu «Zuma»!
De Arua en Ouganda, votre petit frère, Eric MASIMO