
Alain Tshilungu détaille devant les députés provinciaux l’état d’avancement d’un chantier routier inédit, entre axes livrés, travaux en cours et priorités sur le drainage. Face à l’Assemblée provinciale mercredi, le ministre des Infrastructures Alain Tshilungu a sorti les chiffres pour répondre au député Jared Phanzu. Mission: montrer que le programme de réhabilitation de 460 km de voirie n’est pas resté sur le papier. Sur le terrain, la carte des chantiers se lit en trois couleurs: axes livrés, chantiers ouverts, tronçons encore en attente.
Un chantier en trois temps
À ce jour, 71 axes sont achevés, soit 105,3 km de routes remises en état. Parallèlement, 135 autres sont en travaux, représentant 214 km supplémentaires. Reste une troisième série de 96 axes, pour 149 km, dont le démarrage est programmé. Au total, le gouvernement provincial revendique 468,8 km engagés, légèrement au-delà de l’objectif initial.
En pourcentage, le ministre décompose ainsi l’avancée: 22,5% des travaux sont terminés, 45,7% sont en cours, et 32% restent à lancer. Une montée en puissance qui, selon lui, vise d’abord les artères principales et les avenues secondaires les plus fréquentées, là où la pression du trafic et des eaux de ruissellement se fait sentir.
Drainage: pas de promesse globale, mais des priorités ciblées
Sur le curage des caniveaux, Alain Tshilungu recadre. Le taux de 69 % évoqué ne concerne pas l’ensemble du réseau de Kinshasa, mais uniquement les axes retenus dans le plan provincial. L’exécutif a choisi de concentrer l’effort sur les bassins versants les plus exposés, les rivières à risque et les collecteurs prioritaires.
«Nous n’avons jamais dit que nous allions curer toute la ville», insiste le ministre. Pour couvrir une part significative de la capitale, il évalue le besoin à 15 millions USD. Au-delà du montant, il plaide pour une routine: au moins quatre opérations de curage par an, afin d’éviter que chaque saison des pluies ne remette tout à zéro.
Marchés publics: l’exécutif se dit dans les clous
Interrogé sur la transparence, Alain Tshilungu assure que l’attribution des marchés a respecté la loi de 2010 sur les marchés publics. Tous les prestataires retenus disposeraient des autorisations requises et des avis de non-objection prévus par la réglementation provinciale.
Reste à transformer cette dynamique en fluidité durable pour les Kinois. Si le rythme actuel se maintient, le gouvernement espère réduire les points de congestion et limiter les inondations localisées. L’épreuve viendra avec la prochaine saison des pluies: elle dira si les 460 km programmés changent concrètement le visage de la ville.
