
L’Alliance pour le changement (A.Ch) de Jean‑Marc Kabund commémore ces 22 et 24 avril un double événement: le premier anniversaire de son enregistrement officiel auprès du ministère de l’Intérieur et, selon ses responsables, le quatrième anniversaire de sa création. Cette double commémoration, qui devrait être célébrée lors d’un rassemblement populaire à Kinshasa, illustre le parcours parcouru par ce mouvement qui ambitionne désormais d’occuper une place importante dans le paysage politique congolais. Née le 22 avril 2022 après la rupture avec Félix Tshisekedi, l’A.Ch. s’est rapidement affirmée comme une force d’opposition revendiquée, se positionnant sur une ligne social‑démocrate et prônant un « changement de gouvernance ».
L’obtention récente de l’arrêté ministériel, annoncée publiquement le 24 avril 2025, symbolise pour Kabund et ses alliés le passage d’une existence informelle à une reconnaissance officielle, une étape qu’ils ont entrepris de convertir en impulsion politique. Ces derniers mois, Kabund s’est fait remarquer comme l’un des acteurs les plus actifs de l’opposition alors que d’autres ténors de la famille politique sont en exil ou sont entrés dans l’immobilisme, multipliant les interventions et n’hésitant pas à confronter le pouvoir sur la place publique.
Son parcours personnel -incarcération, retour médiatique, et aujourd’hui tête d’un bloc structuré -alimente son récit : celui d’un opposant résolu à rompre avec des pratiques qu’il accuse d’avoir conduit à l’échec social et sécuritaire du pays, en particulier dans l’Est. En juin 2025, Kabund a ajouté une nouvelle étape en officialisant la Coalition de la gauche congolaise, qu’il présente comme une alternative nette à la politique du pouvoir en place. Le mouvement se compose aujourd’hui d’une dizaine de partis et d’environ quarante ONG et associations de la société civile, revendiquant ainsi un ancrage à la fois populaire et institutionnel qui dépasse le seul parti fondateur.
Sur le fond, l’ancien vice‑président de l’Assemblée nationale insiste sur un programme centré sur la justice sociale et la sécurité. Se disant héritier d’Étienne Tshisekedi et ancien cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), il se revendique défenseur de valeurs républicaines et promet de mener d’importantes réformes sans remettre en cause, affirme‑t‑il, l’intégrité de la Constitution, appelant à l’organisation d’un «dialogue inclusif» pour traiter les crises persistantes du pays. L’objectif affiché est de peser durablement sur la scène nationale: à Kinshasa comme dans les provinces, l’Alliance pour le changement entend désormais compter.