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John Banza Lunda lance la route «Deuxième République» à Kimbanseke et s’alarme de l’état de la voirie

Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a sillonné mardi sous un soleil de plomb plusieurs communes de Kinshasa pour lancer un chantier majeur de désenclavement à l’est de la capitale et inspecter des voiries dégradées à l’approche de la saison des pluies. La journée, présentée comme une tournée de terrain, l’a conduit de Barumbu, en centre-ville, à Kimbanseke, commune populaire de l’est kinois, où les attentes en matière de voirie sont particulièrement pressantes. L’étape phare s’est tenue à Kimbanseke avec le lancement officiel des travaux de réhabilitation et de construction de la route «Deuxième République».

Long plaidoyer porté notamment par l’ancien député doublement élu en 2018 Junior Nembalemba, ce projet d’envergure porte sur un linéaire de 9,16 kilomètres, selon le ministère. Le cahier des charges prévoit une chaussée bétonnée en 2×1 voie, un assainissement complet avec pose de caniveaux ouverts en béton armé, des travaux de lutte anti-érosive et l’installation de l’éclairage public.

Entièrement financé par le Trésor public, le chantier est prévu pour durer 18 mois. Il sera exécuté par l’entreprise chinoise Shandong Construction International, sous la maîtrise d’ouvrage déléguée de l’Agence congolaise des grands travaux -ACGT-, a précisé le ministère. «Ce projet va changer le quotidien des habitants de Kimbanseke», a assuré sur place le ministre, soulignant que cette route constitue un axe stratégique de désenclavement pour la partie est de la capitale. Avant Kimbanseke, John Banza s’était rendu dès la matinée dans plusieurs communes du centre et du centre-sud de la capitale – Barumbu, Lingwala autour du marché central de Zando, Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri – pour un état des lieux de la voirie.

Le constat, sur les avenues Kasaï, Croix-Rouge, Bas-Congo et Bokasa, est celui de chantiers entamés puis laissés à l’arrêt, avec des caniveaux inachevés et des chaussées impraticables, au moment où la ville s’apprête à entrer dans la saison des pluies. Interrogé sur place, le directeur général de l’Office des voiries et drainage -OVD-, Victor Tumba Tshikeka, a dressé un bilan technique alarmiste.

«Ces projets sont actuellement sous la maîtrise d’ouvrage de la Ville de Kinshasa et du Bureau central de coordination -BCECO- comme maître d’ouvrage délégué. Bien que les caniveaux eussent été entamés, les travaux sont pratiquement à l’arrêt à l’approche de la saison des pluies, ce qui suscite une réelle inquiétude au sein de la population», a-t-il déclaré.

Le patron de l’OVD a insisté sur le risque hydrologique: «Nous sommes dans une zone marécageuse soumise à la remontée capillaire: si l’assainissement n’est pas achevé pour déverser les eaux vers la rivière Bitshiakutshiaku, l’émissaire principal, nous aurons de sérieux problèmes». Il a plaidé pour une «concertation urgente» entre toutes les parties prenantes -Ville, BCECO, ministère et entreprises- afin de «réaligner les financements et relancer sans délai les chantiers». La tournée a été accompagnée par plusieurs élus nationaux, qui ont fait le lien entre dégradation de la voirie et urgence sociale. Le député national de Lukunga, Ron Roger Bimwala, initiateur du plaidoyer pour la réhabilitation des axes Kasaï et Croix-Rouge à Barumbu, a souligné l’impact direct sur les riverains.

«L’avenue Kasaï est coupée, bloquant les écoles, les universités et les commerces du secteur. À l’approche des pluies, il fallait agir», a-t-il dit. «En cette période de session budgétaire à l’Assemblée nationale, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour libérer les crédits nécessaires afin de réhabiliter rapidement ces axes et faciliter la vie de nos concitoyens». Même ton chez le député national Jerry Dikala, qui a accompagné le ministre à Kasa-Vubu et Ngiri-Ngiri, notamment sur les avenues Lisala, Gambela, Opala, Shaba et au Rond-point Forces. Rappelant que les égouts y sont devenus «obsolètes», il a salué ce qu’il qualifie de «dynamisme» du ministre: «Le ministre John Banza est un homme de terrain. Au-delà de sa fonction, c’est un “cantonnier de la République” qui comble les vides et matérialise la volonté du chef de l’État. La population doit garder confiance: les problèmes de drainage et de dégradation constatés trouveront des solutions sous peu».

Face au constat de collecteurs bouchés, notamment celui se déversant sur la rivière Kalamu, et à la formation de plans d’eau artificiels sur des artères comme l’avenue Lisala, le ministre a donné des instructions fermes à ses services techniques. Selon son cabinet, John Banza Lunda a ordonné une «réévaluation rapide» de l’ensemble des chantiers à l’arrêt et une reprise immédiate des travaux de drainage et de curage, afin de limiter les inondations redoutées à chaque saison des pluies à Kinshasa, mégapole de plus de 17 millions d’habitants où la voirie reste largement dégradée. Kinshasa fait face depuis plusieurs années à une détérioration accélérée de son réseau routier, aggravée par le manque d’entretien, l’urbanisation anarchique et l’insuffisance du système de drainage.

Natine K.

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