Actualités

Guerre en RDC : Muyaya mobilise à l’ENA

Ce mardi 1er avril au siège de l’Ecole nationale d’administration -ENA-, le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a échangé avec les élèves fréquentant cet établissement d’élite. Au cœur du débat, un seul point important, à savoir: «Enjeux de la guerre dans l’Est de la RD-Congo: Communication de crise et diplomatie médiatique». Dans un auditorium plein comme un œuf, le Directeur général de cette école chargée de la formation de hauts cadres de l’Administration publique, Cédric Tombola Muke, a insisté sur l’investissement dans le capital humain et dans le capital intellectuel pour avoir une nation forte.

«L’ENA participe précisément à ces travaux d’accumulation du capital humain. Elle a pour missions: le recrutement, la formation initiale et la formation continue des cadres supérieurs de l’État, la conduite des activités de recherche, les services-conseils et l’accompagnement des administrations publiques RD-congolaises, pour construire une gouvernance transparente, performante et au service des citoyens», a indiqué Cédric Tombola.

Prenant la parole à son tour, l’initiateur du nouveau narratif a directement abordé le thème de cette rencontre en précisant que les enjeux de la guerre dans l’Est de la RD-Congo sont connus. Il s’agit de l’expansion territoriale, du repeuplement, du contrôle et pillage des ressources, de l’extension de la sphère d’influence et de la survie politique.

«Vous devez savoir que le Rwanda nous mène une guerre économique pour sa survie. Tandis que l’Ouganda n’a pas d’idées expansionnistes comme le Rwanda. Il a plutôt des idées économiques profitables également pour nous. Le Rwanda a également comme prétextes: la présence et l’armement des Forces de libération du Rwanda -FDLR- par les Forces de la République démocratique du Congo -FARDC-, mais aussi la protection de la communauté tutsie et les revendications sur le non-respect de l’accord du 23 mars», a expliqué le ministre Muyaya aux étudiants.

Et de rappeler aux futurs hauts fonctionnaires que la RD-Congo fait face à une guerre hybride où le régime de Kigali s’active à distiller quotidiennement le poison à travers les discours de haine et de désinformation. «Le poison rwandais est un mensonge bien orchestré et propagé par l’armée numérique rwandaise dans le but de nous affaiblir», a dénoncé le ministre Muyaya.

Des fronts mis à contribution

Poursuivant ses explications devant les étudiants, le porte-parole du gouvernement a fait mention des fronts mis en place pour faire face à cette guerre. Il s’agit entre autres des fronts militaire, diplomatique, médiatique, judiciaire et économique. Il a souligné que le gouvernement dont il fait partie s’active pour récolter de bons résultats dans tous ces fronts, rappelant à ces cadres d’aujourd’hui et de demain qu’en diplomatie, ce sont les intérêts qui comptent et non l’empathie. Lors du jeu des questions et réponses qui s’en sont suivies, le ministre Patrick Muyaya a signalé qu’une cellule de crise a été mise en place après le discours à la Nation du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, mercredi 29 janvier 2025, pour répondre vigoureusement à la désinformation en provenance de l’armée numérique rwandaise et ses alliés.

Dans le même ordre d’idées, il a précisé que la connaissance du terrain médiatique est très capitale pour répondre aux fausses informations propagées par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23. Au sortir de ces échanges, un des étudiants n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction.

«Avant tout, c’est vraiment un honneur pour nous de recevoir Son Excellence Monsieur le ministre de la Communication et Médias à l’Ecole nationale d’administration. Nous avons échangé avec lui sur les enjeux de la guerre dans l’Est du pays et c’est une des réalités en tout cas qui guette sérieusement notre population. Lors de cet échange, il nous a vraiment fait comprendre les différents fronts de la guerre que connaît notre pays tels que le front médiatique, le front militaire, le front judiciaire et autres», a reconnu l’étudiante Marie Clémence Kangite de la 9ème promotion dénommée Mamadou Ndala.

Et d’ajouter: «il nous a fait savoir que chacun de nous doit se constituer en agent pour combattre toutes ces réalités, surtout le poison rwandais que nous inflige le Rwanda. C’était pour nous  un moment de prise de conscience et un moment d’échange très enrichissant pour qu’à partir d’aujourd’hui, nous soyons des agents qui vont défendre notre patrie dans tous les fronts nécessaires afin de retrouver la paix».

Quelles sont les attentes du gouvernement? 

De l’Ecole nationale de l’administration, le gouvernement a des attentes à formuler par rapport au devoir patriotique d’acteur majeur de la communication républicaine et ce,  dans le but d’être un soldat de l’armée numérique du pays;  défendre la vérité pour faire face à la désinformation et à la manipulation par rapport à cette guerre; se mobiliser utilement, dans son secteur et selon ses compétences, dans le cadre de l’effort de guerre; prêcher l’unité nationale et exprimer son soutien aux forces de défense et de sécurité, et au Commandant suprême. Il faut dire qu’à part le Directeur général de cette école d’élite, le délégué de promotion Joël Makelela a eu droit au chapitre: «Le ministre est venu nous entretenir pour que nous collaborions avec les pouvoirs publics dans la dialectique ou dans le langage ou encore dans la communication que nous devons avoir avec ceux de l’extérieur. Nous avons la chance d’être à l’ENA, ça signifie que, quelque part, nous sommes dans les couloirs de l’État. Donc, nous, en tant que représentants de l’État, nous devons avoir une communication différente, contrairement à celle qu’on peut entendre dans tous les coins de rue. Nous devons porter le message des autorités qui sont au-dessus et qui se battent sur tous les fronts pour restaurer la paix. Et nous profitons de cette occasion pour dire à nos frères qui nous suivent que nous pensons à eux, et que nous faisons tout ce qu’il y a à faire, chacun dans la dimension de sa compétence, pour apporter sa brique à cet édifice». La survie de toute une nation en dépend.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page