
La délégation du Sénat RD-Congolais, conduite par son président Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a bouclé, avec succès, sa mission de suivi de la matérialisation de la Résolution 2773 des Nations unies et des sanctions contre le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23, en Europe, précisément à Bruxelles en Belgique et à Paris en France. Ce périple s’inscrit dans le cadre de la diplomatie parlementaire qui a conduit les sénateurs RD-congolais, tour à tour, à Paris et à Bruxelles. Au cours de cette mission, des rencontres de haut niveau ont eu lieu, sous l’angle du lobbying et de sensibilisation pour la concrétisation de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies et des sanctions prises par l’Union européenne -UE- contre le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23.
A cette occasion, la députée européenne et coprésidente de la délégation Afrique-Europe, Hilde Vautmans, a rassuré du soutien de l’Union européenne à la RD-Congo. «Avant tout, je tiens à adresser mes condoléances à toutes les familles RD-congolaises affectées. Nous sommes à vos côtés et nos pensées vous accompagnent… Votre présence montre la volonté commune de renforcer les liens entre l’Union européenne et la République démocratique du Congo. Ce partenariat est essentiel pour nos deux continents. Ces derniers mois, nous avons fait des avancées importantes pour renforcer notre coopération. Et depuis le début de la prise de Goma par le Mouvement M23 avec l’appui du Rwanda, le Parlement européen s’est rapidement et constamment saisi de la question», a déclaré Hilde Vautmans, devant le Parlement européen et en présence de la délégation du Sénat RD-congolais.
Et de poursuivre: «c’est seulement l’Europe qui veut un partenariat basé sur la coopération et le développement durable. Nous devons être également conscient que les bonnes intentions européennes ne suffisent pas. Sans actes, l’engagement européen sur l’Afrique est superficiel. C’est pourquoi la diplomatie parlementaire est essentielle: pousser les dirigeants et les États membres de la parole aux actes. Votre présence aujourd’hui est essentielle pour avancer ensemble. Travaillons ensemble pour une coopération très forte entre l’Europe et l’Afrique».
Pour sa part, la sénatrice belge d’origine RD-congolaise, Marie-Claire Mvumbi, a fait savoir que c’est «la première fois en 30 ans que la Belgique a une position aussi ferme et claire». «Je voudrais vraiment féliciter notre ministre des Affaires étrangères parce qu’il n’est pas allé par quatre chemins. Il a vraiment pris une position très ferme qui condamne le Rwanda et qui soutient la RD-Congo. Ça c’est quelque chose de très important et qui n’avait jamais été fait auparavant, de façon aussi limpide et claire. Je pense qu’en droit international, on ne peut pas faire n’importe quoi. On en a parlé avec les sénateurs. Il y a le principe de la souveraineté. Il y a le principe du respect de l’intégrité territoriale. On avance moins rapidement mais on avance. Il faut faire confiance à la diplomatie. Il faut faire confiance dans le poids des instances internationales. Je suis certaine que nous sommes en train d’avancer vers le but», a déclaré Marie-Claire Mvumbi.
Devant la presse, au terme de cette mission, le président du Sénat est revenu sur les grandes lignes de ce périple de haute portée diplomatique, aux côtés des efforts que ne cesse de fournir le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. «Nous sommes à Bruxelles, dans la suite de notre mission initiée dans le cadre de la diplomatie parlementaire, à côté de celle exercée par le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Nous avions des rencontres importantes, d’abord avec l’Union européenne pour avoir des échanges précis sur les sanctions qui ont été prises à l’égard de la situation qui prévaut à l’Est de la République démocratique du Congo notamment visant des personnalités rwandaises et des sociétés. Mais également des membres du M23», a noté le speaker du Senat RD-congolais.
Et d’ajouter: «à côté de cela, nous avons pris le temps d’échanger sur d’autres questions notamment la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de Nations unies qui a été prise au niveau de l’ONU. Nous pensons qu’il y a un besoin d’accompagnement en termes de mise en œuvre. Les questions particulières que nous avons discutées de cette résolution sont notamment celle des FDLR. Parce que nous voulons retirer tout prétexte à la guerre, mais aussi celle des réfugiés qui est une question qui était aussi posée de manière à ce qu’une prise en charge de ces questions-là soit faite afin de résoudre, comme c’est le vœu du Président de la République, de manière définitive ces conflits que nous vivons dans l’Est de la République démocratique du Congo».
Selon Sama Likonde, il a été aussi question de rencontrer son homologue, le président du Sénat belge, à qui il réitère, au nom de sa délégation, tous les remerciements pour l’accueil chaleureux qui a été réservé. Les échanges ont porté aussi sur la situation sécuritaire, au vu de l’appui qu’ils ont de la Belgique sur cette question de la souveraineté territoriale de la RD-Congo. Aussi, les échanges peuvent se faire en termes de partage d’expériences entre les deux Sénats. Le président du Sénat est satisfait. «Nous avons salué le fait qu’ici aussi, il y a des sanctions qui ont été prises et un suivi qui devrait s’en suivre», a déclaré Sama Lukonde.
Avec toutes ces personnalités de haut niveau, il y a eu un moment d’échanges de cadeaux, que ce soit au Parlement européen qu’au Sénat belge. Le président du Sénat belge a remis à son homologue RD-congolais un marteau de commandement pour présider le débat au Sénat. Entre-temps, sur le théâtre des conflits en RD-Congo, «la coalition RDF-AFC-M23 continue à commettre des exactions contre des civils et à installer une administration parallèle et des populations étrangères dans les zones occupées», selon le compte rendu du Conseil des ministres du vendredi 28 mars courant fait par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.

