
«Tout groupe armé, toute force armée, tous les alliés des groupes et forces armées n’ont pas de chèque en blanc. Ils doivent se conformer aux lois et aux normes internationales. Et je suis très clair là-dessus. La loi doit être effective. Tous les individus doivent se conformer au statut de Rome. Personne ne peut attaquer les civils et blesser les gens. C’est en ce moment que nous pouvons voir si la loi internationale peut maintenir ou soutenir la demande de la République démocratique du Congo et ses citoyens», a-t-il déclaré Karim Khan
Le Procureur de la Cour pénale internationale -CPI-, Karim Khan, séjourne à Kinshasa, depuis lundi 24 février. Arrivé à l’Aéroport international de N’Djili à 21h50’, il a été accueilli par le Procureur général près la Cour de cassation, Philémon Nvonde, le chargé de mission du Chef de l’État et point focal de la CPI en RD-Congo, le Pr. Théodore Lubanga, ainsi que de l’auditeur général militaire le Général Likulia. Ses premiers mots prononcés sur le sol RD-congolais induisent long sur sa détermination à traquer les présumés auteurs de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et violations massives des droits humains perpétrés dans les zones sous occupation rwandaise dans l’Est de la RD-Congo.
«Combien de générations de vos enfants peuvent être sacrifiées et ciblées. Trop, c’est trop. Trop, c’est trop. Ça c’est un cri ne venant pas de juristes ou d’avocats mais c’est un cri provenant des enfants et des familles de la République démocratique du Congo. Le problème n’est pas mineur. Beaucoup de gens ont interféré dans les affaires de ce pays pendant beaucoup d’années. Il y a également un problème en République démocratique du Congo mais vos populations doivent choisir la paix et non des conflits», a déclaré le Procureur de la CPI, Karim Khan, cité par l’Agence congolaise de presse -ACP- à son arrivée lundi à Kinshasa en provenance de la Haye, au Pays-Bas.
Il a dit tendre sa main au gouvernement RD-congolais et amener des partenaires pour une approche globale et durable de la situation qui se passe en RD-Congo, afin d’enlever le poison des conflits et amener la paix en faveur des populations RD-congolaise. «Ce n’est pas facile, il n’y a pas de bâton magique mais nous travaillons avec une vraie croyance que ces enfants sont nos enfants, les familles qui souffrent sont les membres de nos familles, nous ne permettrons pas que ceci puisse continuer», a-t-il ajouté.
A l’en croire, la CPI a besoin de l’aide de tous, gouvernement, médias, les populations de l’Est, du Nord, du Sud et de l’Ouest, sans distinction de langue, de religion ou d’appartenance politique pour construire quelque chose de durable. A l’entendre parler, la RD-Congo est un pays qui possède tout avec des gens merveilleux, dotée d’une bénédiction de l’environnement, avec de grandes ressources et richesses dans le sol mais la population croupit dans la misère.
«Tout groupe armé, toute force armée, tous les alliés des groupes et forces armées. Ils n’ont pas de chèque en blanc. Ils doivent se conformer aux lois et aux normes internationales. Et je suis très clair là-dessus. La loi doit être effective. Tous les individus doivent se conformer au statut de Rome. Personne ne peut attaquer les civils et blesser les gens. C’est en ce moment que nous pouvons voir si la loi internationale peut maintenir ou soutenir la demande de la République démocratique du Congo et ses citoyens», a-t-il prévenu.
Et de conclure: «vous êtes aussi précieux que les populations d’Ukraine, d’Israël ou de la Palestine. Je suis là pour poursuivre avec le Président Tshisekedi, des entretiens avec les membres du gouvernement ainsi qu’avec la représentante du Secrétaire général des Nations unies et cheffe de la mission de stabilité de l’ONU au Congo, Bintou Keita, ainsi qu’avec la Société civile. Depuis 2004, la CPI s’est engagée sur la situation en RD-Congo. Il y a eu des procès et des condamnations à la Haye».
Depuis l’occupation de la ville de Goma, le 27 janvier dernier, caractérisée par des actes de violations massives des droits humains, la CPI avait lancé un appel à témoin pour l’aider à répertorier et documenter les cas de ces violations.
