
Dans sa récente tribune de réflexion, Jonas Tshiombela, coordonnateur de la Nouvelle société civile du Congo -NSCC-, a attiré la sonnette d’alarme. Il a appelé la Communauté internationale à un sursaut d’objectivité, de courage diplomatique et de responsabilité historique.
«Alors que la RD-Congo ploie sous le poids d’une déstabilisation chronique et multiforme, la Communauté internationale -notamment les États-Unis, l’Union européenne, l’Union africaine, Doha, la Belgique, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne- ne peut plus se contenter d’injonctions déséquilibrées. Il est urgent de comprendre et d’admettre une réalité fondamentale: la crise dans les Grands lacs n’est pas uniquement RD-congolaise, elle est éminemment régionale», a-t-il écrit.
Celui qui se nomme le Premier ministre de la rue sans bureau ni salaire -voix de sans voix- a estimé que la récente déclaration faite à Washington, appelant de nouveau au dialogue pour la RD-Congo, bien que bienvenue, reste partielle et incomplète. Selon lui, on ne peut exiger des efforts de paix et de dialogue exclusivement de Kinshasa, tout en fermant les yeux sur les crises internes qui minent durablement le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda. Soulignant que le destin de la région est indissociable, le coordonnateur de la NSCC a indiqué que ce qui se joue en RD-Congo est aussi le miroir des tensions politiques non résolues chez ses voisins.
Une erreur stratégique
«Le dialogue ne doit pas être à géométrie variable. À l’exigence de dialogue inter-RD-congolais doit impérativement s’ajouter l’exigence de dialogues inter-rwandais, inter-burundais et inter-ougandais. Toute autre approche serait non seulement injuste, mais inefficace à long terme», a-t-il exigé. Jonas Tshiombela a indiqué que la solution militaire ne peut pas écraser durablement l’Opposition interne au Rwanda. Il a considéré la solution militaire comme une erreur stratégique, une aberration historique qui pourrait alimenter indéfiniment l’instabilité dans toute la sous-région.
Ouverture d’un chantier régional de dialogue inclusif
Tête bien posée aux épaules, Jonas Tshiombela a invité les États-Unis et Doha, acteurs majeurs des initiatives diplomatiques récentes, d’ouvrir un chantier régional de dialogue inclusif, et non de concentrer les efforts uniquement sur le pays de Lumumba. Il a également exigé à l’Union africaine et l’Union européenne d’adopter une approche équilibrée et cohérente avec leurs principes fondateurs de paix et de démocratie.
A l’en croire, cette dynamique va faire en sorte que la Société civile de toute la région, y compris celle de la RD-Congo, du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda, de participer à ce dialogue. Et d’ajouter: «la paix ne peut être le fruit de décisions imposées d’en haut; elle doit émerger d’un processus participatif et représentatif».
Enfin, il a rappelé que la responsabilité historique des anciennes puissances coloniales, dont la Belgique, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, dans la structuration des conflits actuels, impose un devoir particulier d’impartialité, de justice et d’engagement sincère. Et de conclure: «la paix dans les Grands lacs n’est pas une faveur à concéder. C’est une exigence morale et politique. Et elle ne sera possible que par un traitement équitable de tous les acteurs, par l’inclusion de toutes les parties prenantes et par l’acceptation que les racines de la crise dépassent les frontières RD-congolaises». Le numéro un de la NSCC a indiqué que le temps des demi-mesures est révolu.
Selon lui, ce qui est en jeu, c’est l’avenir d’une région entière et la crédibilité même du droit international.
Hénoc AKANO



