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Effrayant projet des bourreaux du FPI

Depuis l’éclatement au grand jour du scandale de l’insolvabilité délibérée dans le chef de quelques gros débiteurs du Fonds de promotion de l’industrie -FPI- qui met en cause certains acteurs politiques RD-congolais, deux camps s’affrontent au plus haut niveau de l’Etat au sujet de ce dossier légué à la nouvelle équipe dirigeante de cette entité par l’ex-DG Constantin Mbengele. D’une part, des «faucons» déterminés à préserver leurs intérêts personnels, peu importe les moyens  pour ce faire, et de l’autre, le camp des responsables qui tiennent encore à sauver les intérêts nationaux portés par cet établissement public. Certes, l’éventuelle disparition du FPI s’avère, à cet égard, contraire à l’intérêt national de la RD-Congo. Curieusement, c’est ce qui transparaît en filigrane de la stratégie de la transformation pure et simple de cet établissement public en une banque de développement comme annoncée par le gouvernement de la République parmi les 28 mesures urgentes de remise sur les rails de l’économie nationale. Cependant, des avis des spécialistes en finances, pareille mesure serait de nature à anéantir tout essor industriel d’un pays comme la RD-Congo qui devrait, au contraire, s’impliquer dans la voie de la promotion des initiatives nationales d’industrialisation afin de soutenir son émergence dans un délai prévisible.
 
Le FPI est presque dans la gueule du loup. Ses bourreaux sont ces insolvables qui, dans la sphère décisionnelle publique, ont dépouillé cet établissement public de la bagatelle d’USD 162.000.000 de prêts qu’ils ne veulent-ou ne peuvent- plus rembourser, après avoir emprunté ces sommes d’argent sans pour autant poser la moindre pierre d’un projet industriel visible. Ils ne veulent toujours pas s’avouer vaincus et ne tarissent pas d’imagination pour tourner désormais en dérision la moindre initiative susceptible de redorer le blason du FPI. Pourtant, rien ne devrait logiquement opposer les décideurs RD-congolais dans cette affaire, ni même, dans une certaine mesure, les étrangers qui ont choisi la RD-Congo comme seconde patrie qui y trouvent leur compte. Le Fonds est d’un apport plus que significatif de ce catalyseur de l’industrialisation indispensable de la RD-Congo dont les uns et les autres ne peuvent s’en passer. Des preuves sont à consulter dans ses nombreuses réalisations à travers le pays, souvent et fort malheureusement noyées dans le flot de ce qu’il faut bien considérer comme des turpitudes politiciennes.
Visiblement, les décideurs qui se permettent de torpiller le FPI font courir à la RD-Congo le risque de devenir à la longue un simple marché de consommation pour la production de nombreux pays africains qui l’entourent et du reste de la planète.
La disparition du FPI est contraire à l’intérêt national de la RD-Congo
A la différence d’autres institutions financières comme les banques commerciales qui, dans leurs interventions, visent prioritairement le profit et ne participent que de manière marginale au financement des investissements à long terme, le FPI, lui, assure la prise en charge des infrastructures et de la recherche appliquée en vue de relancer la production industrielle. Il accorde des subventions, et a mis en place le développement et financement des chaînes des valeurs suivant les orientations des pouvoirs publics, conformément aux priorités définies par le gouvernement, tout en privilégiant l’appui aux jeunes entrepreneurs, à travers les incubateurs comme les start-up. L’éventuelle disparition du Fonds de promotion de l’industrie s’avère, à cet égard, contraire à l’intérêt national de la RD-Congo. C’est malheureusement ce qui transparaît en filigrane de la stratégie de la transformation pure et simple de cet établissement public en une banque de développement annoncée par le gouvernement de la République parmi les 28 mesures urgentes de remise sur les rails de l’économie nationale. Des avis de tous, pareille mesure serait de nature à anéantir tout essor industriel d’un pays comme la RD-Congo qui devrait, au contraire, s’impliquer dans la voie de la promotion des initiatives nationales d’industrialisation afin de soutenir son émergence dans un délai prévisible.
Il est certes légitime de mettre le FPI à contribution pour participer à la création d’une banque de développement et des investissements, mais il ne paraît guère avisé pour le gouvernement de se priver de cet outil dont la flexibilité lui permet de réaliser au moindre coût des projets qui propulsent le pays vers l’émergence, comme l’a démontré sa contribution à la naissance de la compagnie aérienne nationale, «Congo Airways».
«La création d’une banque requiert plusieurs paramètres notamment d’ordre financier que par ces temps de vaches maigres, l’Etat n’est pas en mesure, sauf miracle, de réaliser, notamment une capitalisation obligatoire d’USD 30 millions»,  estime un spécialiste en finances publiques interrogé à cet effet par AfricaNews. Les lobbyistes qui remuent ciel et terre pour la disparition pure et simple du FPI paraissent uniquement mus par des intérêts particuliers de ceux qui, dans la sphère décisionnelle publique, ont dépouillé cet établissement public de la bagatelle d’USD 162.000.000 de prêts qu’ils ne veulent -ou ne peuvent- plus rembourser et sans avoir posé la moindre pierre d’un projet industriel visible. Aussi tentent-ils en faisant disparaître le fonds, d’envoyer leurs créances à la poubelle pour ainsi s’assurer de ne jamais rembourser ces créances qu’ils lui doivent en multipliant des stratagèmes. Les autorités gouvernementales devraient ouvrir l’œil, et le bon, dans ce dossier sulfureux car rien, en l’état actuel de la situation de la RD-Congo, ne saurait justifier cette démarche pour qui a, à cœur, le devenir industriel du pays.
L’histoire risque de se répéter
Cette tentative de faire disparaître le FPI, même sous couvert d’une transformation en banque de développement ou d’investissement, rappelle étrangement une autre survenue sous la deuxième République de Mobutu: «celle de l’accaparement sans vergogne de Petites et moyennes entreprises des expatriés par les oligarques de l’époque du Parti-Etat». Les conséquences de cette aventure connue sous l’appellation de «zaïrianisation» ont rattrapé le pays d’abord lors de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Ensuite, lorsque la RD-Congo fut sommée par les institutions de BretonWoods à renoncer à une partie du contrat chinois d’USD 9.000.000.000 au motif de contenter les créanciers du pays réunis au sein du Club de Paris. Jamais les bénéficiaires de la zaïrianisation, ne serait-ce que par devoir moral, ne se sont excusés auprès des générations actuelles qui ont ainsi fait les frais de ce véritable crime économique commis par les mobutistes.
Aujourd’hui plus que jamais, le gouvernement de la République et le Parlement ont encore, chacun en ce qui le concerne, la possibilité de faire échec à ce rouleau compresseur lancé contre le Fonds de promotion de l’industrie. Le gouvernement devrait ainsi renoncer à la fausse idée qu’une banque de développement et d’investissement ne peut être créée que sur les cendres du FPI.
Seule structure de financement du développement industriel en RD-Congo
Quant au Parlement, il lui faut examiner les différentes réformes qui lui ont été d’ores et déjà soumises en faveur notamment de la stabilisation de sa ressource; la protection de l’institution; l’élargissement de l’assiette de perception; et  l’octroi des moyens de contrainte à l’instar de ceux dont disposent les régies financières pour booster le recouvrement des créances du FPI.
Pour ceux qui ne savent pas, le FPI est la seule structure créée par l’Etat pour financer le développement industriel de la RD-Congo. Une action prémonitoire de la part du gouvernement en ce qu’à l’avènement du FPI, voici près de trois décennies, l’on n’était loin de s’imaginer que quelques années plus tard, les Chefs d’Etat et de Gouvernements d’organisations régionales comme le COMESA, les Etats d’Afrique centrale ou la SADC auxquelles appartient la RD-Congo engageraient instamment leurs membres à recourir notamment à leurs fonds de retraite ou de pension et à se doter d’un fonds dans l’objectif de financer leur développement industriel. L’appartenance de la RD-Congo à la Zone de Libre échange du COMESA induit l’ouverture de son marché aux produits de la sous-région. Par conséquent, sans un organisme de financement de la production locale à des conditions préférentielles, la compétitivité des produits RD-congolais sera nulle et le pays se transformerait en un immense déversoir des produits régionaux. A titre illustratif, on peut citer l’implantation à Brazzaville il y a peu de Dangote Cement, une grande cimenterie dont l’ambition déclarée est d’exporter le surplus de sa production notamment vers la RD-Congo. C’est aussi le cas d’un certain nombre de produits manufacturés «made in Ouganda» qui sont déjà consommés dans la quasi-totalité de la partie du Nord-est de la RD-Congo. Les produits made in Angola qui passent par la frontière de Lufu constituent une menace sérieuse pour l’industrie locale.
Par ailleurs, le FPI note que quelques services de l’Etat ont exprimé des appréhensions légitimes en ce qui concerne les quotités qu’ils perçoivent pour le fonctionnement des fonds alloués à la promotion de l’industrie. Ils devraient, à raison, garder et se garder de ramer avec les créanciers insolvables du FPI, car étant tous des services publics et que les financements du FPI constituent une ressource pré-affectée qui doit, en tout état de cause, être respectée, en dépit du fait que pour les besoins de son fonctionnement, toute affectation doit être conforme à certaines règles élémentaires et tenir compte des besoins réels de ces  services au risque d’amenuiser voire de paralyser la capacité de financement du Fonds de promotion de l’industrie.

Olitho KAHUNGU

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