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RDC : Face aux pressions de l’IGF, la Min’Etat Adèle Kayinda défend la légalité de son attitude

«AfricaNews» a eu accès aux images brutes de la dernière rencontre entre la ministre d’État en charge du Portefeuille, Adèle Kayinda Mayina, et la délégation de l’Inspection générale des finances -IGF- conduite par l’inspecteur général chef de service Jules Alingete Key. Après visionnage de ces bruts, le journal confirme que Alingete se fait recadrer par Kayinda, il a juré de refaire son courrier vexatoire accusant la ministre d’État en charge du Portefeuille de consacrer l’impunité. «Demain, vous aurez la correspondance de l’inspection générale des finances pour rectifier une mauvaise interprétation dans la lecture de ce document que votre autorité n’a jamais consacré l’impunité. Pour preuve, vous avez sanctionné des mandataires de la Société commerciale des transports et des ports à la demande de l’Inspection générale des finances, il y a moins de cinq mois. Et ça ce n’est pas l’attitude de quelqu’un qui consacre l’impunité», s’est engagé Alingete.

Puis: «Nous allons faire une nouvelle correspondance en reprécisant et en disant clairement que l’Inspection générale des finances ne considère nullement que votre autorité consacre l’impunité et retirons ces propos de notre correspondance. Nous avons besoin d’un climat de travail apaisé entre un petit service que nous sommes et votre autorité pour que vous puissiez également compter sur nous et nous accompagner».

Puis encore: «Vraiment, l’Inspection générale des finances vous invite à considérer que nous sommes sincères avec votre autorité et nous regrettons infiniment cet incident». Si ce n’est pas des excuses après un recadrage, le public a des éléments pour apprécier et identifier les personnes actives dans la désinformation et la manipulation de l’opinion.

Jointe au téléphone samedi 12 février, la Min’Etat Adèle Kayinda a dit avoir tourné la page et défendu la légalité de son attitude. «Je ne suis pas au gouvernement pour couvrir les mandataires jugés fautifs et coupables de détournement de deniers publics. Je suis d’une intégrité indéniable. Quand l’IGF m’avait écrit en 2021 concernant les anciens mandataires de Congo Airways et SCTP SA, j’ai soumis la question au Conseil des ministres et des sanctions ont été prises à leur encontre», a martelé Kayinda insistant sur le respect de ce schéma institutionnel et le respect des prérogatives de chaque intervenant.

La Min’Etat a poursuivi en précisant, d’une part, que l’autorisation de payer la facture de la Société IGM est venue de la hiérarchie, notamment la Primature et qu’elle ne saurait répondre d’une décision de sa hiérarchie. Et, d’autre part, les termes de la dernière lettre de l’Inspection générale des finances  -«Rappel des dossiers transmis pour dispositions»- énervent les règles administratives. «L’IGF ne peut pas donner des ordres à la ministre que je suis, sinon c’est instruire tout le gouvernement et les personnalités qui le chapeautent. Elle doit savoir par où passer pour me saisir et dans des termes courtois. S’il s’avère que des mandataires sous ma tutelle sont coupables des fautes que cet important service de l’État a pu établir à leur égard, je dois au préalable soumettre le dossier au Conseil des ministres pour activer le mécanisme des sanctions administratives. Si l’urgence s’impose, la procédure est connue. On n’a pas besoin de pression pour ça. On n’a pas besoin d’ameuter les réseaux sociaux pour ça. Les sanctions que l’on me presse de prendre doivent être débattues et entérinées en Conseil des ministres. Personne n’a le droit de m’obliger à violer les procédures. Je n’admets pas non plus que quelqu’un m’accuse gratuitement de consacrer l’impunité parce que j’entends faire respecter la légalité».

Un communiqué publié le même samedi par le ministère du Portefeuille est sans équivoque. «Tout mandataire qui fait preuve de mégestion et que le détournement est avéré et certifié par les inspecteurs des finances, doit être déféré devant les instances judiciaires compétentes sur le plan pénal et être suspendu sur le plan administratif», a écrit le directeur de cabinet du Portefeuille.

Communiqué-de-presse-1

Au demeurant, Adèle Kayinda a voulu profiter de ce débat pour fustiger la tendance à promouvoir le show et les sanctions cosmétiques. Elle est d’avis que la bonne gouvernance et l’état de droit que prônent le président de la République ainsi que le Premier ministre induisent que les personnalités condamnées pour corruption ou détournement écopent des sanctions complètes, abouties. Elle s’est demandée à quoi servirait la patrouille financière actuelle si les mandataires démasqués par l’IGF sont uniquement écroués à Makala et relâchés quelque temps après sans avoir été contraints de restituer les fonds publics détournés.

Natine K.

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