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Guerre en RDC: HRW condamne et appelle la Communauté internationale à accentuer la pression sur le Rwanda

L’ONG américaine Human Rights Watch -HRW-, a, dans un rapport, rendu public mercredi 20 août 2025, accusé la coalition AFC/M23, soutenue par le Rwanda, d’avoir exécuté sommairement plus de 140 civils, majoritairement hutus, dans l’Est de la RD-Congo. Ces massacres auraient été commis dans au moins 14 villages et petites communautés agricoles de la province du Nord-Kivu, à proximité de la frontière rwandaise et du Parc national des Virunga. 

Selon HRW, ces massacres semblent faire partie d’une campagne militaire contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda -FDLR-, un groupe armé composé principalement de Hutus rwandais formé par des personnes ayant pris part au génocide de 1994 au Rwanda, et contre d’autres groupes armés rivaux. D’après les informations crédibles, le nombre de personnes tuées sur le territoire de Rutshuru depuis juillet pourrait dépasser les 300 victimes, représentant une des pires atrocités commises par le M23 depuis sa résurgence fin 2021.

L’organisation internationale de défense des droits humains a affirmé avoir accueilli des témoignages de survivants, de sources militaires et de représentants de l’ONU, qui mettent également en cause la participation des RDF aux opérations du M23. Dans ce rapport, HRW a indiqué que les meurtres commis par le M23 qui ont débuté autour du 10 juillet auraient commencé dans les champs au Nord et au Sud de la route qui traverse Kiseguru et Katwiguru, dans le territoire de Rutshuru. Des témoins et des habitants ont déclaré que des combattants du M23 ont encerclé et bloqué toutes les routes dans le secteur pour empêcher les personnes de partir.

Après 14 juillet, des témoins ont raconté que le M23 a exécuté sommairement des personnes à Nyamilima, à 25 kilomètres de Kiseguru. HRW a documenté des exécutions perpétrées par le M23 jusqu’au 30 juillet à Nyabanira, ciblant notamment des personnes venues chercher de la nourriture dans leurs champs.

Des survivants témoignent

Une femme ayant survécu à une attaque le 11 juillet, a raconté comment son mari a été tué par les combattants du M23. Elle a affirmé que le M23 avait ensuite rassemblé les femmes et les enfants de son village. «Vers 10 heures du matin, nous avons été forcés de marcher vers l’endroit où nos vies allaient se terminer», a-t-elle raconté à l’ONG. Et d’ajouter: «nous marchions en silence. Si un enfant se mettait à pleurer, ils menaçaient de le tuer. Ils tuaient avec des couteaux».

D’après elle, 70 personnes, y compris des femmes et des filles, ont par la suite été exécutées au bord d’une rivière. Plusieurs témoins ont indiqué que le M23 avait interdit les enterrements, forçant les survivants à abandonner les corps ou à les enterrer à la hâte dans les champs, empêchant ainsi les familles d’organiser des obsèques.

Ce traitement infligé aux victimes ajoute la gravité des faits. Par ailleurs, le rapport mentionne que des sources militaires, des témoins et des rapports onusiens suggèrent une implication directe de l’armée rwandaise dans les opérations du M23 dans cette région. «Le groupe armé M23 qui bénéficie de l’appui du gouvernement rwandais, a attaqué plus d’une dizaine de villages et de zones agricoles en juillet a perpétré des dizaines d’exécutions sommaires de civils principalement hutus», a déclaré Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur la région des Grands lacs à Human Rights Watch. Dénonçant ces crimes de guerre, l’organisation internationale de défense des droits humains a appelé la Communauté internationale à imposer de nouvelles sanctions aux responsables de ces abus graves. «A moins que les responsables de ces crimes de guerre, y compris aux plus hauts niveaux, ne fassent l’objet d’enquêtes appropriées et soient sanctionnés, ces atrocités ne feront que s’intensifier», a exigé Clémentine de Montjoye.   

Hénoc AKANO

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