
Hervé Claude Ntumba Batukonke et Blaise Mastaky Birindwa, respectivement Directeur général et Directeur général adjoint du Fonds de promotion de l’industrie -FPI-, totalisent cent jours depuis leur nomination à la tête de cet établissement public. Ce duo semble susciter beaucoup d’espoir au regard de son engagement pour la matérialisation de sa feuille de route, redonnant au FPI sa première vocation: financer la production nationale et la transformation industrielle afin de limiter les importations et de soutenir l’économie.
Depuis leur entrée en fonction, le 11 août 2025, le DG Claude Ntumba et son adjoint Blaise Mastaky font bonne impression dans leur gestion et envoient des signaux annonciateurs de changement au sein de l’entreprise. Dès ses premières semaines, ce comité a rapidement mis en place un modèle de gouvernance basé sur l’évaluation, la mesure, la réforme et la transformation, notamment en redynamisant quatre axes prioritaires, à savoir: le recouvrement des créances, la digitalisation, la planification stratégique et la consolidation des partenariats nationaux et internationaux.
La discipline financière, à travers une gestion saine, constitue l’une des caractéristiques de ces animateurs du FPI, qui restent intransigeants sur le recouvrement des créances. Leur action repose également sur le renforcement du suivi des prêts, sachant que chaque remboursement constitue une opportunité de financement de nouveaux projets.
Le nouveau leadership du Fonds de promotion de l’industrie table aussi sur le financement d’activités rentables ayant un impact positif sur l’économie nationale, notamment la création de chaînes de valeur locales et d’emplois, ainsi que l’intégration des standards internationaux de gouvernance. Concernant les réformes engagées, une transformation interne est à souligner, avec la digitalisation conduite par la firme tunisienne SIGA.
Selon le comité directeur, ce projet permettra au FPI d’automatiser ses processus de gestion, en les rendant plus transparents et plus rapides. Pour le directeur des systèmes d’information du FPI, Stéphane Tshitenge, la numérisation constitue une révolution dans la manière de travailler et une passerelle vers la performance. «Le Directeur général Hervé Claude Ntumba Batukonke prône la discipline, la ponctualité, l’assiduité au travail et surtout le rendement. Il ne fait pas cavalier solitaire: il compte sur le travail de chaque employé et s’y appuie. C’est une marque de considération, d’estime et de valorisation des ressources humaines. C’est un manager qui inspire confiance par sa proximité avec le personnel», renseigne-t-il.
Des actions concrètes marquant les 100 jours
Par ailleurs, dans le cadre de l’inspection, de la vérification, du suivi et de l’évaluation des projets financés, l’actuel comité directeur du FPI a insufflé une nouvelle dynamique. Plusieurs projets financés par le FPI, à Kinshasa et en provinces, ont été visités par la présidente du Conseil d’administration, Vicky Katumwa Mukalay, et le Directeur général adjoint Blaise Mastaky, qui a effectué la ronde d’une quinzaine d’entreprises à Kinshasa et à Kolwezi afin de vérifier si les crédits ont été réellement affectés à la transformation industrielle et s’ils seront remboursés dans les délais convenus.
Ces différentes descentes permettent également la vérification en amont des investissements sollicitant des crédits auprès du FPI. Dans le Grand Katanga, des projets emblématiques tels que MES, Congo Câbles, Rainbow et Kaarl Brothers, financés par le FPI, sont devenus des modèles d’intégration industrielle et de réussite. Lors de son séjour à Kisangani, le DGA Blaise Mastaky a pris langue avec de nombreux entrepreneurs sollicitant l’accompagnement du FPI.
Les échanges avec les gouverneurs de l’Équateur et de la Tshuapa traduisent la volonté d’une industrialisation décentralisée et équilibrée. Dans le Haut-Uélé, plusieurs entrepreneurs sollicitent le soutien du FPI pour leurs activités. Après l’incendie de plusieurs menuiseries à Binza Delvaux, le FPI et le FOGEC ont uni leurs efforts pour financer les ébénistes, en réponse à la promesse du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi.
Le FPI mise également sur l’innovation technologique nationale, à l’instar du Conseil congolais de la batterie et de Kim Engineering avec son projet Kim-Box, une invention 100% RD-congolaise destinée à sécuriser les installations électriques. Kim-Box concilie technologie, emploi et utilité publique. De telles initiatives ont conduit le FPI à mettre en place le programme «Vijana», destiné aux jeunes et aux femmes, qui bénéficient d’un taux d’intérêt préférentiel de 4% et d’un délai de grâce de 12 mois pour le remboursement.
Diplomatie économique et partenariats internationaux
Sur la scène internationale, le duo Ntumba-Mastaky a porté le FPI au cœur de grands rendez-vous. À New York, le DG Batukonke a accompagné le président Félix Tshisekedi à la 80ème Assemblée générale de l’ONU, tenue en octobre. Sur place, il a multiplié les échanges avec des investisseurs américains en marge des activités politiques. À Washington, il a participé au forum «DRC Digital Nation 2030» et à une conférence à la George Washington University, où il a délivré un message fort: «Transformons le potentiel en progrès et les promesses en actions».
Depuis cette conférence, de grandes firmes et des fonds d’investissement internationaux frappent chaque semaine à la porte pour nouer des alliances avec le FPI. À Bruxelles, le DGA Mastaky a exploré, avec la société Turbulent, les possibilités d’installer des microcentrales hydroélectriques en RD-Congo, en appui au protocole FPI-ANSER. Ce partenariat illustre la nouvelle approche conciliant réduction du déficit énergétique et industrialisation.
Le DGA s’est également rendu à Singapour pour nouer des alliances stratégiques. Dans cette optique, le FPI renforce aussi sa coopération avec des partenaires clés, dont la Société financière internationale -SFI-, filiale du groupe de la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, ainsi que d’autres institutions financières internationales manifestant leur engagement à soutenir les industries RD-congolaises. Par ailleurs, le DG Batukonke travaille quotidiennement sur la mobilisation de fonds au niveau international et le cofinancement des projets avec des institutions financières de renom.
Grande participation du FPI au Forum Europe-Afrique
La présidente du Conseil d’administration, Vicky Katumwa Mukalay, a porté haut la voix du FPI au Forum Europa-Africa Investment, tenu le mois dernier à Bruxelles, avec un message limpide: «Investir en RD-Congo, c’est miser sur un marché de 100 millions de consommateurs au cœur de l’Afrique». Basée à Kinshasa, la Zone économique spéciale Kin-Malebo a, elle aussi, sollicité le Fonds de promotion de l’industrie pour un crédit, mais également pour une prise de participation.
Cette proposition rejoint l’ambition du DG Batukonke, qui a récemment effectué une descente dans la commune de la N’Sele pour évaluer l’état d’avancement des travaux. Il a constaté que le développeur et aménageur du site, la firme ARISE RDC, a réalisé 80% des travaux et que plusieurs entreprises s’y installent déjà. En outre, le FPI est impliqué dans la relance des activités de plusieurs entreprises, telles que Congo Airways, dont il est actionnaire, la Cimenterie nationale, les Lignes maritimes congolaises, la Congolaise des voies maritimes et l’Office congolais des postes et télécommunications.
Le FPI soutient également l’innovation technologique, à l’instar du Conseil congolais de la batterie, car l’innovation appelle le financement qui, à son tour, crée des emplois et renforce la compétitivité. À en croire le Directeur général Hervé Claude Ntumba Batukonke, le potentiel et les promesses doivent être traduits en progrès pour une prospérité partagée. De Kinshasa à Washington, via Bruxelles, du Haut-Uélé au Katanga en passant par le Kongo-Central, le Grand Kasaï et le Sud-Ubangi, les 100 premiers jours du duo Batukonke-Mastaky sont prometteurs.
Le FPI se renforce, se crédibilise et s’ouvre au monde. L’institution modernise ses outils de gestion et de gouvernance, élargit son assiette de financement et s’affirme comme un partenaire stratégique du développement industriel du pays. Lors de sa prise de fonctions, Hervé Claude Ntumba Batukonke a déclaré: «Nous devons bâtir un FPI qui inspire confiance, soutient la production nationale et accompagne chaque RD-Congolais dans la transformation du pays».
À la même occasion, Blaise Mastaky a renchéri: «l’Afrique ne doit plus être perçue comme un risque, mais comme une opportunité». Quant aux perspectives, en août dernier, le comité directeur du Fonds de promotion de l’industrie a présenté aux cadres et agents, à la faveur d’un atelier, son plan d’actions triennal 2026-2028. Il s’agit d’un plan qui servira de boussole pour toutes les interventions du FPI et qui est assorti d’un mécanisme permanent de suivi-évaluation.
